Pascal Turbiaut (Directeur Orano Tricastin) : "L'objectif de nos clients américains ? Réduire leur dépendance à la Russie"
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Pascal Turbiaut
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LA TRIBUNE - Quel est l'état d'avancement du chantier d'extension de l'usine Georges Besse 2 ?
PASCAL TURBIAUT - Ce chantier, qui vise à augmenter de 30% notre capacité de production, est environ à mi-chemin. L'investissement a été validé en 2023. Nous devrions démarrer les premières cascades d'enrichissement en 2028 et tourner à pleine capacité en 2030. Le génie civil est avancé à plus de 90%. Il se terminera avant la fin d'année. Nous allons ensuite continuer à implanter les équipements, notamment les centrifugeuses, dont je ne peux pas vous révéler le nombre, secret oblige. Je peux simplement affirmer que nous maîtrisons le budget et le timing avec actuellement 500 personnes qui travaillent sur le chantier, lequel concentre 180 entreprises, la plupart régionales.
Quelle sera la capacité de production de cette usine ?
Nous avons actuellement une capacité de production annuelle qui permet d'alimenter en électricité 90 millions de foyers, soit les besoins de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne réunis. Avec cette extension, ce sont donc près de 120 millions de foyers qui seront alimentés grâce à l'uranium enrichi ici.
La demande en uranium est-elle si massive qu'elle nécessite un tel investissement ?
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Nous répondons en effet à une demande liée à l'électrification des usages. A ce jour, même si EDF est notre premier client, 70% de la production est exportée. Nous avons lancé ce projet suite à la demande de clients, notamment américains. Nos carnets de commandes étant déjà chargés au maximum nous devions augmenter nos capacités pour répondre à leurs besoins. A l'origine, c'est la situation géopolitique avec la guerre en Ukraine qui fait que ces clients américains ont décidé de se désensibiliser des approvisionnements russes... Leur objectif c'est d'être moins dépendant de la Russie (l'entreprise Rosatom enrichit 43% de l'uranium civil mondial, contre 12% pour Orano, ndlr). Entre leur première visite en 2022 et l'inauguration de l'usine, il se sera écoulé six ans. C'est très rapide à l'échelle du nucléaire. Cela s'explique par la modularité de l'usine et le fait que nous fassions un copier-coller de la précédente. Cela réduit considérablement le temps règlementaire.