Canicule : pourquoi la SNCF supprime des trains alors qu'ils circulent sans problèmes ailleurs dans le monde

La SNCF a supprimé de façon préventive 10 % des trains en Île-de-France cette semaine.
CHM/AWI - REUTERS - Christian Hartmann

La SNCF a supprimé de façon préventive 10 % des trains en Île-de-France cette semaine.
CHM/AWI - REUTERS - Christian Hartmann
Pourquoi la SNCF annule-t-elle des trains lors de la canicule ? Lorsque des matériels roulants anciens comme les Intercités sur Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse ou Marseille-Toulouse ne supportent pas les trop fortes chaleurs, la SNCF les retire.
L'objectif est d'éviter aux passagers de voyager dans des bouilloires ambulantes, le système de climatisation se bloquant au-delà d'une certaine température. Ces rames Corail datent de la fin des années 1970, le réchauffement climatique n'avait pas été anticipé, en tout cas pas de cette ampleur.
La SNCF a aussi supprimé de façon préventive 10 % des trains en Île-de-France cette semaine, pour limiter la surchauffe des rails, prévenir tout risque de déformation, et essayer de protéger les caténaires (câbles d'alimentation électrique des trains au-dessus des voies) qui se détendent avec la chaleur et finissent par se faire arracher au passage des trains.
Et pour cause : cette canicule est exceptionnelle par sa durée en forme de plateau pendant plusieurs jours et plusieurs nuits consécutives. La température intérieure des rails peut atteindre ou dépasser 60 °C, ce qui était déjà arrivé sous forme de pic, mais jamais pendant une telle durée en Île-de-France.
« Les contrôles de signalisations électroniques, l'alimentation électrique ainsi que les réseaux de télécommunication longeant les voies » souffrent aussi.
Pourquoi les trains circulent sans problèmes apparents dans d'autres zones plus chaudes que l'Europe ? En Inde ou en Afrique, peu de trains circulent à 320 km/h comme en Europe.
Par ailleurs, au Canada et aux États-Unis, les ruptures de caténaires dues aux températures élevées n'existent pas. « Il n'y a quasiment pas de caténaire aux États-Unis et au Canada, la grande majorité du réseau ferroviaire est diesel sur les trains grande ligne », ajoute-t-il.
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Parmi les solutions : mieux surveiller l'évolution des températures des rails et déclencher des ralentissements obligatoires de vitesse en cas de température trop élevée. Dans certains pays, à main-d'œuvre bon marché, la surveillance des rails et les tournées de maintenance sont réalisées par des humains répartis tout le long du réseau, souligne Pierre Plaindoux (MC2I). En France aussi, mais l'option choisie pour l'avenir est « le placement de capteurs ».
Autre solution, peindre les rails en blanc pour réfléchir la chaleur au lieu de l'absorber. C'est le cas en Grande-Bretagne et en Italie. « La peinture réfléchissante peut faire baisser de 5 à 10 °C la température » à l'intérieur des rails, souligne Antonios Kanellopoulos, directeur du centre de recherche et d'ingénierie de l'université du Hertfordshire.
Enfin, installer des caténaires fixes et rigides pour éviter la rupture des caténaires filaires.
(Avec AFP)