Crises, élections, critiques… Première femme à la tête du CESE en 120 ans, Claire Thoury fixe le cap pour les prochaines années. Elle détaille comment le Conseil entend renforcer son influence, défendre la démocratie et doit devenir la « chambre du réel » pour les citoyens après des années d'attaques contre cette institution.LA TRIBUNE - Quelles sont vos priorités à la tête du Conseil économique et social pour les prochaines années ?
CLAIRE THOURY- Le premier juillet prochain, le CESE organise une conférence des responsables des organisations membres du conseil pour définir la programmation de nos travaux dans la perspective de l'élection présidentielle et des législatives. La société civile organisée entend prendre toute sa part à la résolution des crises que notre pays traverse. Les membres du CESE et les citoyens mobilisés dans nos travaux vont œuvrer à des avis en phase avec ce moment crucial. Nous souhaitons bien davantage associer les organisations représentées au CESE à notre mission de conseil aux pouvoirs publics.
Le rôle du CESE est régulièrement critiqué sur le plan politique. Les critiques portent notamment sur le manque d’écho dans les débats. Que comptez-vous faire pour y remédier ?
Le CESE est la chambre du temps long. Il doit agir sur les grandes transitions : comment anticiper les grands changements climatiques ? Comment faire face à la dénatalité et au vieillissement sur le temps long ? Pour être plus présent dans les débats, le CESE doit aussi avoir des prises de position claires et des propositions sur des débats d'actualité.
À quoi pensez-vous en particulier ?
On peut citer notamment la protection de l'enfance. Le CESE va être amené très vite à retravailler sur le sujet, même s'il y a déjà eu un avis important en 2024. D'autres sujets pourront être abordés, comme l'impact du changement climatique dans les quartiers populaires, le logement, l'emploi des jeunes, la crise agricole ou le financement des associations. Cette mandature veut améliorer la façon dont les avis du CESE sont construits. Le CESE doit devenir la chambre du réel et de la vie quotidienne. L'institution doit construire des solutions. Nous voulons aussi ajuster notre agenda en fonction de celui du parlement et du gouvernement pour augmenter le nombre de leurs saisines du CESE.