Accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre, les marchés euphoriques

Vue aérienne de navires dans le détroit d'Ormuz, depuis Musandam, Oman, le 15 juin 2026.
IM/ - REUTERS - Stringer

Vue aérienne de navires dans le détroit d'Ormuz, depuis Musandam, Oman, le 15 juin 2026.
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Enfin. Les États-Unis et l’Iran sont parvenus ce lundi à un accord pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban, avec une cérémonie de signature prévue ce vendredi à Genève.
Le vice-président américain JD Vance a fait savoir qu’il assistera à la signature de l’accord le 19 juin à Genève, et que la participation de Donald Trump était « possible ». Cet accord a été annoncé ce lundi matin par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, et confirmé peu après par Washington et Téhéran.
Le document sur lequel se sont entendus Washington et Téhéran n’a pas été rendu public dans l’immédiat. Mais il prévoit « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban », selon le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi.
« L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social. « J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain », a aussi dit le dirigeant américain.
Et d'ajouter : « Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », s’est-il félicité, ajoutant que cette ouverture interviendra « dès la signature de l’accord vendredi afin de permettre le déminage ».
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Sous pression dans son pays pour sortir d’un conflit impopulaire qui a aussi ébranlé l’économie mondiale, Donald Trump doit rencontrer cette semaine les dirigeants des autres grandes puissances lors du sommet du G7 à Evian, en France.
L’annonce a déclenché une chute de plus de 4 % des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février et le blocage du détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.
Vers 03h00 GMT ce lundi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, référence du marché mondial, lâchait 4,84% à 83,10 dollars. Celui du WTI, référence américaine, perdait 5,73% à 80,02 dollars.
Du côté des marchés boursiers, c'est l'euphorie en Asie, les investisseurs se montrant soulagés par la perspective d'un reflux durable des prix énergétiques alors que le récent sursaut de l'inflation plombait le climat économique.
Vers 03H00 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei grimpait de 5,41% à 69.593 points, et l'indice élargi Topix de 3,62% à 4.022 points. A Séoul, l'indice star Kospi flambait de 5,65% à 8.582 points. La Bourse de Sydney progressait de 1,28% et celle de Taipei de 2,63%. L'indice hongkongais Hang Seng montait de 0,37%.
« Les négociations débuteront dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif », a précisé Donald Trump dans la nuit, énumérant quatre sujets pour les discussions à venir : la levée des sanctions contre l’Iran, la question du nucléaire, la « reconstruction » et « le développement économique » du pays, ainsi que « la mise en place d’un mécanisme de suivi » des engagements pris.
L’agence de presse iranienne Mehr a en outre fait état d’un texte, qui n’a pas été confirmé officiellement, selon lequel l’accord prévoit « le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours », dont la moitié avant le début des pourparlers.
Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu’un volet des négociations porte sur l’acceptation par l’Iran d’un moratoire de 20 ans sur l’enrichissement d’uranium, et a laissé entendre qu’un accord pourrait être trouvé pour une durée de 15 ans.
L’Iran a « imposé sa volonté divine et d’acier à des ennemis américains et sionistes humiliés. L’ennemi n’a d’autre choix que d’accepter la défaite et de se rendre », s’est félicité pour sa part l’état-major iranien dans un communiqué diffusé par la télévision d’Etat.
Peu de temps avant l’annonce de l’accord, la plus haute instance de sécurité de l’Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale, avait pourtant averti sur X d’une réponse « imminente » à un raid israélien qui a fait trois morts dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a salué l’accord, « étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit ». De son côté, Emmanuel Macron espère que cet accord portera ses fruits sur plusieurs points : « L’objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d’Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d’un accord sur le nucléaire et la balistique en Iran »,
Dans un communiqué conjoint, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie se sont déclarés « disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire ».
Dans un communiqué, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré : « Il faut désormais se concentrer sur la mise en œuvre intégrale du protocole d'accord afin de garantir la réouverture du détroit et de veiller à ce qu'il reste pleinement et définitivement ouvert, ainsi que sur la finalisation des détails de l'accord sur le nucléaire. »
De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a souligné dans un message posté sur le réseau social X de « la nécessité d’éviter toute rhétorique, toute provocation et toute action susceptible d’aggraver les tensions dans la période précédant la signature de l’accord, et de rester vigilant face à d’éventuels actes de sabotage ».
Le Qatar, touché par les frappes de l'Iran durant le conflit, a exprimé dans un communiqué son « soutien total à tous les efforts et initiatives visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales ». Antonio Costa, le président du Conseil de l’UE salue, lui, un accord qui met fin à une « guerre coûteuse ».
(Avec AFP)
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