Le marché de l'enseignement du ski reste chapeauté par l'ESF et ses célèbres " pull rouges " - qui emploie 16 000 des 20 000 professionnels en exercice -.
À quelques jours de la fin de la saison d’hiver, c’est une véritable douche froide pour le Syndicat national de moniteurs du ski français (SNMSF), et elle ne provient cette fois pas de la météo. Acteur majeur de l’enseignement du ski en France, ce syndicat vient de se voir délivrer une amende de 3,4 millions d’euros de la part de l’Autorité de la concurrence.
Les informations à retenir
Quelles sont les conséquences pour les écoles de ski concurrentes ?
Le manque de moniteurs disponibles, captés par l’ESF, freinait jusqu’ici la croissance des écoles comme Evolution 2 ou ESI.
Certaines structures estiment perdre 50 % de leur activité potentielle durant les vacances de février, faute de personnel.
Le syndicat a jusqu’à la saison 2026-2027 pour modifier ses règles et se mettre en conformité avec le droit.
C’est un poids lourd du secteur qui représente 16 000 moniteurs de ski en activité, soit 80 % des professionnels français répartis dans 216 des 250 stations de l’Hexagone. Dans une décision rendue publique ce mardi, l’Autorité de la concurrence reproche pourtant au Syndicat national des moniteurs du ski français (SNMSF) des pratiques jugées « anticoncurrentielles » en France, première destination touristique d’Europe pour les sports d’hiver.
Au cœur du litige : l’obligation faite par le syndicat à ses adhérents, depuis plusieurs années, d’enseigner exclusivement pour l’ESF. Cette règle leur interdisait toute activité au sein d’une structure concurrente ou à titre individuel.
Adoptée en 2006 lors d’un congrès du SNMSF, la disposition a été renforcée en 2013 avec une clause « d’exclusion automatique » du syndicat et de l’ESF en cas de non-respect. Un premier rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait entraîné une autosaisine de l’Autorité de la concurrence en 2021.
Ce mardi, le régulateur a tranché. Il estime que cette pratique porte « atteinte à la liberté d’entreprendre des moniteurs » et à leur « mobilité géographique ». Il y voit aussi une « restriction de concurrence généralisée de nature à verrouiller le marché national de l’enseignement du ski », rappelant que les activités sportives n’échappent pas au droit de la concurrence.
Le développement des écoles freiné
Si l’enseignement reste dominé par l’ESF et ses célèbres « pulls rouges » — qui regroupent 16 000 des 20 000 professionnels —, les moniteurs sont des travailleurs indépendants. Sur ce marché coexistent d’autres écoles : l’ESI (syndicat SIMS), New Generation, Evolution 2 (Compagnie des Alpes), Oxygène 3 Vallées ou Easyski.
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