Stations de ski : la neige ne suffit plus, les touristes préfèrent les villes
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Ecoles de ski
DR/SNMSF
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Ecoles de ski
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Alors que la neige a recouvert généreusement tous les sommets français, le secteur du ski n'a pas décollé cette année. La fréquentation des massifs de montagne stagne à 24,9 millions de nuits vendues, soit exactement le même niveau que l’hiver précédent, indique l'Insee dans son bilan paru ce mercredi 29 avril. Pourtant, l’activité des remontées mécaniques a bondi de 7,7 % en valeur sur la période. Ce décalage révèle une réalité brutale : si l'on skie plus quand la neige est là, on ne séjourne pas davantage en station. Le temps des vacances à la neige n'est plus élastique, et les stations doivent désormais composer avec une érosion de la clientèle française (-2,9 % de nuits), compensée de justesse par le retour des étrangers (+ 10,7 %) dans les hôtels d'altitude.

Le véritable moteur de la croissance touristique s’est déplacé vers l’asphalte. Les communes urbaines dites « intermédiaires » — c'est-à-dire les villes moyennes — enregistrent une progression fulgurante de 8,3 % de leurs nuitées. De son côté, Paris continue d’aimanter les foules avec 14 millions de nuits, en hausse de 400 000 par rapport à 2025. Cette dynamique urbaine est une bouffée d'oxygène pour le secteur, car elle repose sur un socle imperturbable : l’appétit des visiteurs étrangers dont la fréquentation globale augmente de 6,1 % à l'échelle nationale.
Les Américains (2,6 millions de nuits) et les Britanniques (3,1 millions de nuits) maintiennent leur rang de premiers clients internationaux. Pour ces voyageurs à fort pouvoir d'achat, le charme des capitales régionales et de la vie culturelle parisienne l'emporte désormais sur les joies de la glisse. Ce basculement géographique redessine la carte des profits du secteur, au détriment des villages vacances traditionnels de montagne.

L’analyse par type de logement montre une fracture sociale et économique de plus en plus nette. Les hôtels haut de gamme (4 et 5 étoiles) tirent toute la croissance avec une hausse de 6,9 % de leur fréquentation. Ces établissements captent désormais plus d'une nuitée sur trois pendant la saison hivernale, une part qui a bondi depuis 2019. À l'opposé, les hébergements collectifs plus abordables, comme les résidences de tourisme ou les villages vacances, perdent un million de nuits auprès de la clientèle française
Le voyageur français, traditionnellement fidèle aux massifs en hiver, semble délaisser les séjours longs en tribu au profit de « city-trips » plus courts ou plus fréquents dans l'hôtellerie classique. Ce changement d'habitudes, couplé à une météo en montagne qui ne garantit plus la consommation sur place (malgré la neige, le chiffre d'affaires de l'hébergement ne grimpe que de 5,5 % contre 9,8 % pour la restauration), oblige les acteurs du tourisme à repenser totalement leur offre pour les années à venir.
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Le tourisme d’affaires s'efface devant le luxe et les loisirs
En un an, les déplacements professionnels ont encore perdu 1,2 million de nuits. Ce déclin semble désormais structurel : depuis 2019, ce segment de clientèle a fondu d'un tiers. Si les hôtels urbains parviennent à garder la tête hors de l'eau, ils le doivent uniquement à un basculement radical de leur fréquentation. Les touristes de loisirs, notamment étrangers, occupent désormais les chambres laissées vides par les cadres en séminaire ou en rendez-vous client.Dans les villes les plus denses, la part de la clientèle d'affaires est tombée à 33,6 %, contre 36,4 % l'hiver précédent. Ce retrait est particulièrement marqué dans l'hôtellerie économique et non classée, qui voit ses nuitées s'effondrer de 17 %. À l'inverse, l'hôtellerie de prestige (4 et 5 étoiles) capte aujourd'hui l'essentiel de la valeur ajoutée.Le bureau mobile et le service « express » pour voyageurs pressés cèdent la place à une offre centrée sur l'expérience, l'accueil familial et le confort haut de gamme. Pour les métropoles, l'enjeu est de taille : elles doivent désormais séduire une clientèle internationale volatile pour compenser la perte de revenus stables autrefois garantis par le dynamisme des entreprises. L'équilibre économique des quartiers d'affaires dépend désormais, paradoxalement, du succès des séjours d'agrément et du rayonnement culturel des territoires.
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