Loin de baisser, la présence des emballages en plastique dans les supermarchés français croît, montre une enquête publiée aujourd’hui. Pourtant, pour l’industrie agroalimentaire, leurs prix pèsent de plus en plus sur la rentabilité.Malgré les objectifs de réduction fixés d’abord par la loi antigaspillage pour une économie circulaire de 2020 (dite « Agec »), puis par la loi climat et résilience de 2021, les emballages en plastique sont de plus en plus présents en grandes surfaces, et donc dans les maisons et les poubelles des Français. C’est ce que constate une enquête menée dans 1 659 magasins, révélée ce mercredi 6 mai par No Plastic In My Sea et Que Choisir Ensemble. L’ONG et l’association de consommateurs y déplorent une progression de 3,3 % des ventes d’eaux embouteillées en 2025, l’emballage de 60 % des légumes vendus, un recul net du vrac et un recours encore embryonnaire au réemploi.
Pourtant, depuis ses débuts, la guerre en Iran met de plus en plus à nu les risques que cette dépendance au plastique fait peser sur l’industrie, notamment agroalimentaire. Au point qu’elle semble devenir un enjeu stratégique face aux problèmes chroniques de manque de rentabilité et de compétitivité dénoncés par le secteur.
« Des hausses de 15 à plus de 30 % selon les polymères et résines »
« La fermeture du détroit d'Ormuz et les perturbations sur les infrastructures pétrolières et gazières au Moyen-Orient créent une onde de choc directe sur [entre autres] les emballages », écrit l’Association nationale des entreprises agroalimentaires (Ania) dans un communiqué publié le 17 avril. Selon une enquête menée auprès de ses 23 000 membres, « plus de sept entreprises sur dix déclarent avoir subi une hausse significative du coût de leurs emballages » : un « poste structurant » de la chaîne de valeur agroalimentaire, précise l’organisation professionnelle.