Au 101ᵉ jour de la guerre en Iran, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) se dit prête à « recueillir les signalements d'anomalies dans la formation des prix des matériaux ». Sans surprise, l'annonce divise les artisans et les producteurs.À défaut d'un observatoire des prix des matériaux de construction annoncé le 9 avril par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, le gouvernement vient d'annoncer, ce lundi, la mise à disposition d'un « point de contact unique » pour permettre aux entreprises du BTP de « signaler des anomalies ».
À la demande du ministre des PME, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat Serge Papin, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) affirme « se mobiliser pleinement afin de renforcer sa vigilance quant au bon fonctionnement de la concurrence ».
Il suffit d'écrire à [email protected] à la suite de quoi la DGCCRF pourra « recueillir les indices laissant penser que certaines hausses de coûts pourraient être injustifiées et notamment résulter de pratiques anticoncurrentielles ». Cela pourra être suivi d'enquêtes, voire de poursuites à l'encontre des entreprises fautives.
Des hausses justifiées par des causes objectives
Pour l'heure, le président de la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP), Pascal Rineau, affirme « ne pas avoir reçu de signalements sur des profiteurs de guerre ». Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix des bitumes et des PVC ont augmenté de 10 à 15 %, tout comme, dans une moindre mesure, les matériaux de carrière et les pavages.
« À chaque fois, c'est un problème de carburant qui se répercute en pied de facture. Des entreprises n'ont pas trop de boulot. Les fournisseurs ne jouent donc pas trop aux cons », affirme Pascal Rineau.