Au niveau mondial, CEVA Logistics compte environ 1.000 entrepôts pour une surface de plus de 12 millions de mètres carrés. En Europe, il opère sur plus de 300 entrepôts en logistique contractuelle, correspondant à près de six millions de mètres carrés...
Évalué à 500 milliards d’euros, le marché immobilier logistique européen accuse un retard d’investissements, selon la société Prologis, spécialisée dans les entrepôts. Et, dans le contexte réglementaire et politique actuel, la France est, elle aussi, en tension.
Le marché immobilier logistique européen, dont la valeur est estimée à 500 milliards d’euros, est confronté à un important déficit d’offre structurel malgré une demande croissante liée à l’e-commerce, selon le dernier Livre Blanc de Prologis Research, partie prenante de ce secteur en tant que spécialiste d'entrepôts.
« L’offre disponible en Europe ne suffit pas à répondre à la demande. Il faudrait plus de 150 milliards d’euros de nouveaux développements pour combler cet écart », indique Vincent Sadé, vice-président, Capital Deployment chez Prologis France.
Et même si l’Europe parvenait à équilibrer son espace logistique, le déficit resterait important. « Au rythme de construction actuel, il faudrait environ huit ans pour combler cet écart », poursuit-il. Un chiffre qui semble réaliste pour le conseiller spécialisé CBRE France, contactée par La Tribune. « A l’échelle européenne, 30 millions de mètres carrés sont transactés chaque année, contre 20 millions pré-Covid. Ce qui veut dire que le besoin d’infrastructures reste à un niveau très élevé », explique Pierre-Louis Dumont, Managing Director Industriel & Logistique France chez CBRE France qui s'affiche comme le leader mondial des services et de l’investissement en immobilier d’entreprise.
Des obstacles croissants
D’après Prologis, qui compte près de 120 millions de mètres carrés de patrimoine, dont 23 millions en Europe, cette pénurie est alimentée par plusieurs facteurs. « Les contraintes réglementaires, les goulets d’étranglement des infrastructures, les exigences environnementales plus strictes entraînent une hausse des coûts de construction de 5 % à 15 %. » La lenteur des processus administratifs alimenterait aussi cette pénurie. « Dans certains pays européens, le process d’autorisation peut durer jusqu’à quinze ans. »
En France, aussi, le développement logistique se heurte à des obstacles croissants, en particulier « l’instabilité réglementaire », selon Vincent Sadé. Ce dernier cite notamment les restrictions de zonage liées à la Zan (Zéro Artificialisation Nette) qui réduisent le nombre de terrains exploitables, tandis que les procédures ICPE prolongent « de neuf à douze mois » les délais d’autorisation pour les grands projets.
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