En Savoie, le Département a décidé de suspendre le projet de rénovation de deux collèges, en s’appuyant sur des projections démographiques à la baisse. Une situation dénoncée par les enseignants.Il met en avant un « esprit de responsabilité ». Le Département de la Savoie a annoncé, fin mai, mettre un coup d’arrêt aux projets de restructuration de deux collèges du département : celui de Boigne à la Motte-Servolex, et celui de Combe de Savoie, à Albertville (classé REP) pourtant prévus depuis plusieurs mois, voire même plusieurs années. « Investir 68 millions d’euros dans des équipements surdimensionnés ne serait pas responsable », affirme la collectivité territoriale dans un communiqué de presse.
Le département de la Savoie, conduit par le président LR Hervé Gaymard, s’appuie sur les projections démographiques qui lui auraient été transmises par les services de l’Education nationale en mars dernier. Selon la collectivité, elles prévoient une diminution drastique du nombre d’élèves, avec 3 000 collégiens en moins d’ici 2035, « soit l’équivalent d’environ 100 classes ».
« Une décision très brutale »
Marlène Tasset, co-secrétaire département du syndicat enseignant SNES-FSU 73 dénonce une « décision très brutale ». Ainsi, elle explique que ses collègues du collège de Boigne ont été avertis le jeudi de la tenue d'un conseil d'administration extraordinaire le mardi suivant, en présence du DASEN (Directeur académique des services de l'Éducation nationale) et de la direction des collèges du Conseil départemental, avec pour sujet « déprise démographique ».
« Le communiqué du département est un vrai mépris pour les personnels enseignants et les élèves : ce ne sont pas des collèges vides ! », estime par ailleurs la syndicaliste. Les équipes des deux établissements ont fait grève en protestation.
A la rentrée prochaine, les établissements devraient compter respectivement 330 et 700 élèves. Selon le syndicat, les deux nécessitent des travaux d'entretien « assez urgents », les projets de restructuration ayant stoppé tout le reste.