Iran : Trump annonce un accord imminent, malgré les tensions avec Israël
latribune.fr
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a regretté l'opération militaire d'Israël, estimant que " l'attaque de ce matin n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d'un accord de paix avec l'Iran ".
REUTERS - Kevin Lamarque
Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sera signé « dans quelques heures », après un retard provoqué, selon lui, par les frappes israéliennes sur Beyrouth. Téhéran se montre toutefois beaucoup plus prudent, tandis que les tensions militaires persistent au Moyen-Orient
Donald Trump continue d'afficher son optimisme. Le président américain a déclaré dimanche au média Axios qu'un accord avec l'Iran serait signé « dans quelques heures », tout en reconnaissant que les frappes israéliennes menées dans la matinée contre la banlieue sud de Beyrouth avaient retardé le processus diplomatique.
« Ça a tout chamboulé. Ça a retardé la signature de quelques heures. Ça devait avoir lieu maintenant. C'est désormais prévu dans quelques heures », a-t-il déclaré lors d'un entretien téléphonique avec le site américain, selon Axios.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a également regretté cette opération militaire, estimant que « l'attaque de ce matin n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d'un accord de paix avec l'Iran ». Il a appelé à la fin des attaques, tant israéliennes que du Hezbollah, afin de ne pas compromettre les négociations.
À Téhéran, le ton est bien différent. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé les États-Unis de ne pas être en mesure de faire respecter leurs engagements après les frappes israéliennes. « L'agression israélienne a une fois de plus démontré que les États-Unis n'ont soit pas la volonté de respecter leurs engagements, soit pas la capacité de le faire », a-t-il écrit sur le réseau X.
Un haut responsable de l'état-major iranien a, de son côté, averti que ces bombardements ne resteraient pas « impunis », faisant planer la menace d'une nouvelle escalade militaire.
Selon l'agence iranienne Fars, proche des milieux conservateurs, aucun accord ne devait de toute façon être signé dans le délai annoncé par Donald Trump, même si plusieurs demandes de Téhéran étaient satisfaites.
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Washington reste confiant
Malgré ces tensions, le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, s'est voulu rassurant. « De tout ce que je sais, nous sommes sur la bonne voie. Ce n'est pas une question de savoir si cela va arriver, mais de savoir quand. Il y a des aspects logistiques à prendre en compte », a-t-il déclaré.
Les discussions portent notamment sur le programme nucléaire iranien, la levée des sanctions américaines, la réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole, ainsi que sur la situation au Liban. Donald Trump a également assuré que, si un accord était conclu, les États-Unis récupéreraient les matières nucléaires iraniennes afin de les neutraliser, affirmant que Téhéran « ne veut plus d'arme nucléaire ».
La fragilité des négociations a été illustrée dimanche par les nouvelles frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Menées en représailles à des attaques de drones attribuées au mouvement chiite, elles ont fait au moins trois morts selon les autorités libanaises.
Depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, le conflit a fait plusieurs milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban. Les bombardements israéliens au Liban ont, à eux seuls, causé plus de 3 700 morts depuis le mois de mars, selon Beyrouth.
À la veille du sommet du G7 à Évian, où Donald Trump retrouvera les dirigeants des principales puissances occidentales, l'évolution de ces négociations sera suivie de près par les marchés, tant un accord pourrait contribuer à apaiser les tensions régionales et à sécuriser de nouveau les échanges via le détroit d'Ormuz.