Quelle que soit l’issue des négociations entre les États-Unis et l’Iran, le détroit d’Ormuz ne retrouvera sans doute pas tout de suite son trafic habituel, maintenant une contrainte sur les flux de matières premières et l’économie mondiale. Pour tenter la traversée, la plupart des armateurs auront besoin de garanties solides, alors que plusieurs centaines de navires sont toujours coincés dans le golfe.
« Pour la reprise normale des activités, un cessez-le-feu stable et convenu par les deux parties est indispensable, comme la mise en place d’une voie maritime sûre et exempte de mines », explique Jakob P. Larsen, le chef de la sécurité de Bimco, l’une des principales associations d’armateurs. Les conditions de la réouverture seront également scrutées de près. D’autant que le ministre des Affaires étrangères iranien a assuré vendredi 12 juin que la gestion du détroit « ne reviendrait pas à la situation d’avant-guerre ».
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a aussi prévenu qu’il faudrait vraisemblablement plusieurs mois pour relancer, voire réparer, les installations énergétiques à l’arrêt. De nombreux acteurs se préparent de toute façon à ce que les risques perdurent, même après une éventuelle résolution du conflit. Les Émirats arabes unis ont par exemple accéléré la construction d’un nouvel oléoduc pour contourner le détroit. La fin des hostilités ne rime pas toujours avec un retour à la normale. Ces derniers jours, les plus pessimistes se souvenaient qu’en 1967 la guerre entre Israël et l’Égypte n’avait duré que six jours, mais que le canal de Suez était resté bloqué pendant huit ans.