Giorgia Meloni débordée sur son extrême droite par le général Vannacci
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Roberto Vannacci, président de Futuro Nazionale et nouvelle figure de l'extrême droite italienne.
LTD/Francesco Fotia
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Roberto Vannacci, président de Futuro Nazionale et nouvelle figure de l'extrême droite italienne.
LTD/Francesco Fotia
Coupe en brosse, sourire narquois et goût assumé pour la provocation : le général Roberto Vannacci, 57 ans, est la nouvelle épine dans le pied de l’extrême droite au pouvoir en Italie. Élu eurodéputé en 2024 sous les couleurs de la Ligue du Nord de Matteo Salvini, il a claqué la porte du parti en février dernier pour créer le sien, Futur national. Ce mouvement, qui revendique 100.000 adhérents, sera officiellement lancé ce week-end à Rome.
Jusqu’alors, cet ancien commandant des forces spéciales – notamment en Afghanistan et en Irak – n’avait aucune expérience politique. En 2023, l’Italie le découvre à travers son best-seller autoédité, Il mondo al contrario (« le monde à l’envers », non traduit), vendu à plus de 280.000 exemplaires. Dans cet essai raciste et homophobe, Roberto Vannacci s’insurge contre « les règles douteuses d’inclusion et de tolérance imposées par les minorités », il revendique « le droit à la haine » et considère que les homosexuels ne sont « pas normaux ».
Ce livre lui vaut neuf mois de suspension de fonction par l’armée. Et l’image d’un homme au franc-parler, qui « ose dire ce que les gens veulent entendre, et que personne n’aurait le courage de dire », observe Giorgia Bulli, politologue à l’université de Florence.
Très vite, le vice-Premier ministre Matteo Salvini voit en ce militaire réactionnaire un moyen de reconquérir un électorat absorbé par le parti d’extrême droite Frères d’Italie, de la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni. Pari gagné : aux européennes, Roberto Vannacci cumule 500.000 voix. Mais moins de deux ans plus tard, il décide de faire cavalier seul, reprochant à la Ligue d’être trop modérée et de « jouer les souverainistes un jour sur deux ». L’allié de Matteo Salvini devient alors un concurrent déterminé. Les sondages lui donnent raison : quatre mois après sa création, Futur national est crédité de 4,6 % des intentions de vote, tandis que la Ligue chute à 5,8 %, contre 9 % en 2024.
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