Washington menace de sanctions les pays en faveur d’une taxe carbone sur le transport maritime
latribune.fr
La semaine prochaine, les membres de l'OMI doivent voter sur l'adoption d'un accord visant à réduire les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant du secteur du transport maritime international.
AW/GS/ /TW - REUTERS - Stringer .
Les Etats-Unis ont menacé vendredi de sanctionner et de restreindre les visas des pays qui voteront en faveur d'un plan proposé par une agence des Nations Unies pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, provenant du transport maritime.
Les Etats-Unis ont menacé vendredi de sanctions tout pays qui voterait en faveur d'une taxe carbone sur le transport maritime, dans le cadre de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU, dénonçant une mesure « néocoloniale ».
La semaine prochaine, les membres de l'OMI, basée à Londres, doivent voter sur l'adoption d'un accord dit « NZF » visant à réduire les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant du secteur du transport maritime international. Les membres de l’OMI gèrent environ 80 % du commerce mondial et représentent près de 3 % des gaz à effet de serre mondiaux.
« Ce sera la première fois qu'une organisation des Nations unies imposera une taxe carbone mondiale à l'échelle internationale », selon Washington.
Washington dit rejeter « catégoriquement » cette proposition soumise à l'OMI et « ne tolérera aucune mesure susceptible d'augmenter les coûts pour nos citoyens, nos fournisseurs d'énergie, nos compagnies maritimes et leurs clients, ou encore nos touristes », selon le communiqué.
Pour les Etats-Unis, les répercussions économiques de cette mesure « pourraient être désastreuses, certaines estimations prévoyant une augmentation des coûts mondiaux du transport maritime pouvant atteindre 10% ou plus ».
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« L'administration rejette sans équivoque cette proposition devant l'OMI et ne tolérera aucune action qui augmenterait les coûts pour nos citoyens, les fournisseurs d'énergie, les compagnies maritimes et leurs clients, ou les touristes », ont déclaré le secrétaire d'État américain Marco Rubio, le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright et le secrétaire américain aux Transports Sean Duffy dans le communiqué conjoint.
Un cadre réglementaire mondial « essentiel »pour la plupart des grands transporteurs
De leur côté, les grands transporteurs de conteneurs, sous la pression des investisseurs pour lutter contre le changement climatique, s'accordent généralement à dire qu'un cadre réglementaire mondial est essentiel pour accélérer la décarbonation. Sans réglementation mondiale, l’industrie maritime serait confrontée à une mosaïque de réglementations et à des coûts croissants sans pour autant parvenir à réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, ont souligné les partisans de la proposition.
Pourtant, certaines des plus grandes compagnies pétrolières mondiales ont exprimé de « graves inquiétudes ». Mi-septembre, un groupe de grandes compagnies maritimes, dont des acteurs grecs de premier plan, avaient en effet déclaré vouloir modifier l'accord des Nations Unies présenté pour adoption en octobre, ajoutant des complications au projet d'accord après l'opposition des Etats-Unis.
« La proposition présente des risques importants pour l’économie mondiale et soumet non seulement les Américains, mais tous les États membres de l’OMI à un régime fiscal mondial non autorisé qui impose des sanctions financières punitives et régressives », ont ajouté Marc Rubio et ses homologues à l'Energie et aux Transports.
Plusieurs sanctions prévues
Les Etats-Unis envisagent ainsi un panel de sanctions. Parmi lesquelles des restrictions de visa ou des frais portuaires supplémentaires aux navires détenus, exploités ou battant pavillon de pays soutenant la taxe carbone, et l'imposition de sanctions aux responsables « parrainant des politiques climatiques motivées par des militants ».
« Les États-Unis s'apprêtent à imposer ces sanctions aux pays qui financent cette exportation néocoloniale de réglementations climatiques mondiales menée par l'Europe. Nous lutterons avec acharnement pour protéger nos intérêts économiques en imposant des sanctions aux pays qui soutiennent le NZF. Nos collègues membres de l'OMI doivent en être informés », peut-on lire par ailleurs dans le communiqué de Washington.
Depuis son retour au pouvoir, le président américain Donald Trump a enclenché une marche arrière toute en matière de climat, dénonçant l'Accord de Paris de 2015 qui vise à limiter le réchauffement à +1.5°C idéalement et soutenant les énergies fossiles à coup de dérégulation. Le dirigeant républicain a rejeté à l'ONU les conclusions scientifiques sur le sujet et accusé le « changement climatique » d'être « la plus grande arnaque » de l'Histoire.