Le marché du travail américain résiste encore malgré les tensions géopolitiques
latribune.fr
Les prochains mois seront marqués par les conséquences sociales de la disparition de la compagnie Spirit Airlines, qui pourrait affecter environ 17 000 salariés.
L’économie américaine a créé davantage d’emplois qu’attendu en avril et le taux de chômage est resté stable à 4,3 %. Les économistes estiment toutefois qu’il est encore trop tôt pour mesurer pleinement les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient.
Le marché du travail américain continue de faire preuve de résilience. Selon les chiffres publiés vendredi par le département américain du Travail, les États-Unis ont créé 105 000 emplois en avril, un niveau supérieur aux attentes des économistes, qui tablaient sur environ 60 000 créations.
Le taux de chômage est resté stable à 4,3 %, confirmant que la première économie mondiale demeure proche du plein emploi malgré un environnement international de plus en plus tendu.
Le mois de mars avait déjà enregistré 185 000 créations d’emplois.
Une économie qui ralentit sans casser
Ces chiffres restent toutefois nettement inférieurs aux rythmes observés avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Depuis plusieurs mois, les économistes décrivent le marché du travail américain comme un marché « low hire, low fire » : les entreprises embauchent peu mais licencient également très peu.
« Le marché du travail fonctionne plutôt bien pour ceux qui ont déjà un emploi », résume Claudia Sahm, économiste chez New Century Advisors. « En revanche, il reste plus compliqué pour les nouveaux entrants ou les personnes en recherche d’emploi. »
Les entreprises ont jusqu’ici privilégié la réduction des heures travaillées ou du recours à l’intérim plutôt que des suppressions massives de postes.
Pour Mark Zandi, économiste chez Moody’s, cette situation reste toutefois « très inconfortable » car elle pourrait rapidement se dégrader en cas de ralentissement plus marqué de la demande.
Les effets de la guerre encore difficiles à mesurer
Les économistes jugent qu’il est encore trop tôt pour observer un impact direct de la guerre au Moyen-Orient sur l’emploi américain.
« De nombreuses entreprises avaient compté sur une résolution rapide du conflit », observe Diane Swonk, économiste chez KPMG.
Mais elle prévient qu’un affaiblissement du marché du travail pourrait apparaître dans les prochains mois, sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques et des perturbations des chaînes d’approvisionnement.
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La flambée du prix du pétrole affecte déjà de nombreux secteurs de l’économie américaine, des transporteurs aux industriels en passant par les agriculteurs.
Dans le même temps, les salaires continuent de progresser (+ 3,6 % sur un an en avril), mais le retour des tensions inflationnistes pourrait réduire les gains de pouvoir d’achat.
Comme ces derniers mois, le secteur de la santé a été le principal moteur des créations d’emplois avec 37 000 postes supplémentaires.
Le vieillissement de la population américaine continue d’alimenter les besoins en personnel médical et paramédical.
Mais les politiques migratoires restrictives de l’administration Trump pourraient finir par créer des pénuries de main-d’œuvre dans ce secteur, estime Nancy Vanden Houten, économiste chez Oxford Economics.
Les prochains mois seront également marqués par les conséquences sociales de la disparition de la compagnie Spirit Airlines, qui pourrait affecter environ 17 000 salariés, même si cet impact n’apparaîtra pas encore dans les statistiques d’avril.
Le moral des consommateurs américains a atteint un plus bas historique face au coût de la vie, selon les données de l'université du Michigan publiées vendredi, qui font référence. « Dans l'ensemble, les consommateurs continuent de se sentir pressurés par la hausse des coûts, en particulier à la pompe », est-il écrit dans le rapport. L'indice mesurant leur confiance ressort à 48,2 points, un niveau qui n'avait encore jamais été rapporté par l'université du Michigan qui évalue la confiance des consommateurs depuis novembre 1952. Dans leurs réponses, environ un tiers des consommateurs sondés « ont spontanément évoqué les prix de l'essence » qui ont bondi depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Un pourcentage à peine inférieur a mentionné les droits de douane mis en place par le gouvernement. « Les salaires de nombreux consommateurs ont suivi le rythme des hausses de prix. Ils arrivent donc à faire face aux prix plus élevés, même s'il y a plus de tensions en bas de l'échelle sociale. Ils sont simplement furieux parce qu'ils ont l'impression de jeter leur argent par les fenêtres », relevait l'économiste du New Century Advisors Claudia Sahm auprès de l'AFP avant la publication du rapport. Selon elle, le président Donald Trump « en paiera le prix politiquement » si le coût de l'essence ne diminuent pas d'ici les élections de mi-mandat, en novembre.