Soupçonné de fraude fiscale, le groupe Altrad dans le viseur de la justice

Cécile CHAIGNEAU, avec l'AFP
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Mohed Altrad, président du groupe éponyme de services à l'industrie du BTP.
Guillaume Mollaret

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Mohed Altrad, président du groupe éponyme de services à l'industrie du BTP.
Guillaume Mollaret
Le groupe Altrad est dans la tourmente. L'avocat du groupe industriel, spécialisé dans les services à l'industrie du BTP, Me Christophe Ingrain, a confirmé le 22 juin à l’AFP que son client « fait l'objet d'une perquisition » la semaine dernière, « liée à un contentieux ancien avec l'administration fiscale ». Ayant mobilisé « une cinquantaine d'enquêteurs », elles se sont déroulées « dans divers lieux en France », dont le siège social de l’entreprise à Montpellier, a précisé le parquet national financier (PNF).
Elles sont intervenues dans le cadre d’une enquête pénale, en cours depuis une plainte de l'administration fiscale mi-avril, pour les infractions de fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée, a précisé le PNF, sans donner suite à des gardes à vue.
Selon une source interne au groupe, ayant requis l'anonymat, les soupçons portent sur un système de fraude fiscale d'un montant annuel compris « entre 23 et 86 millions d'euros par an sur la période 2018-2024, soit un montant total compris entre 350 et 400 millions d'euros ». Le montage aurait consisté à sortir ces sommes de la marge du groupe, par le biais d’une monétisation de la marque Altrad auprès de ses filiales à l'international via un hub basé à Dubaï.
Des informations que n’a pas confirmées le PNF à ce stade. Si elles étaient avérées, elles pourraient évoquer un système de transfert de bénéfices via la facturation à la maison-mère de redevances d’usage de marque ou autre droit de propriété incorporelle hébergés au sein de filiales basées à Dubaï (bénéficiant d’un régime fiscal privilégié).
Cécile CHAIGNEAU, avec l'AFP