Retraites en Allemagne : un rapport très attendu propose d’augmenter l’âge légal au-delà de 67 ans

Le gouvernement allemand a dit soutenir ce mardi les travaux de la commission sur les retraites. (photo d’illustration)
REUTERS - Lisi Niesner

Le gouvernement allemand a dit soutenir ce mardi les travaux de la commission sur les retraites. (photo d’illustration)
REUTERS - Lisi Niesner
Voilà un rapport très attendu qui pourrait relancer le débat sur la retraite à 67 ans en France. Le gouvernement allemand a dit soutenir ce mardi 23 juin les travaux d’une commission prônant une hausse progressive de l’âge légal de départ au-delà des 67 ans, indexée sur l’espérance de vie, dans un pays confronté au vieillissement démographique.
Selon cette commission, l’âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 66 ans et déjà promis à 67 ans en 2031, doit être ensuite « modérément » indexé à l’évolution de l’espérance de vie. Selon les projections démographiques actuelles, il serait ainsi relevé d’environ six mois entre 2031 et 2041, un seuil qui serait encore repoussé dans les décennies suivantes.
Ce rapport fait écho, en France, à une recommandation du Conseil d’orientation des retraites (COR), début juin, bien que l’horizon soit plus lointain. Selon le COR, si l’on ne jouait que sur ce paramètre de l’âge pour atteindre l’équilibre, il faudrait augmenter l’âge moyen de départ pour atteindre « 67,6 ans en 2070 », soit « 3 ans au-dessus » du niveau pour l’instant anticipé.
Selon ce baromètre annuel de la santé du système des retraites du COR, qui va contribuer à planter le décor pour la prochaine élection présidentielle, le déficit des retraites est désormais prévu à 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % dans le rapport de l’an dernier. En revanche la prévision de déficit à moyen terme — 2030 et 2045 — reste stable, à 0,2 % et 0,9 % du PIB.
En Allemagne, la commission, composée notamment de professeurs d’économie, de droit et de députés, a aussi recommandé la suppression de la retraite anticipée sans décote après 45 années de cotisation, aujourd’hui possible à partir de 64 ans.
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Elle recommande un équilibre entre un système qui ne repose plus « uniquement sur les années de cotisation », mais permette aux personnes qui, après un examen médical, ne sont plus en état de travailler de « bénéficier d’un accès simplifié à une pension ».
L’introduction d’une composante par capitalisation est présentée comme nécessaire pour maintenir un système viable, dit en outre la commission. Celle-ci recommande l’instauration d’un taux de cotisation supplémentaire de 2 % du revenu, financé pour moitié par les employeurs et pour moitié par les salariés.
Cet ensemble de mesures remplit « deux objectifs : les retraites continueront d’être assurées et les charges sont réparties équitablement entre tous les groupes de la société, entre toutes les générations », a déclaré le chancelier Friedrich Merz lors d’une conférence de presse.
Au plus bas dans les sondages, celui qui avait promis de réformer le pays et de relancer une économie en panne a demandé la « mise en œuvre rapide » des propositions.
La ministre social-démocrate du Travail, Bärbel Bas, s’est dite « très confiante » sur le fait que le projet aboutisse par une adoption du parlement, où la coalition n’a qu’une faible majorité absolue. Partis d’opposition et syndicats ont eux fustigé les pistes de la commission, déjà évoquées dans les médias.
« Plus l’âge de départ à la retraite sera élevé, plus le nombre de ceux qui ne l’atteindront pas augmentera », a réagi Yasmin Fahimi, présidente la Confédération allemande des syndicats (DGB), dans le podcast Ronzheimer. Confrontée depuis un demi-siècle au vieillissement démographique, l’Allemagne, pays le plus âgé de l’UE, a enregistré en 2025 une baisse de sa population inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
(Avec AFP)