Selon l'agence Reuters, l’administration Trump étudie le versement d’une prime individuelle comprise entre 10 000 et 100 000 dollars pour inciter les Groenlandais à rejoindre les États-Unis. Ce projet de sécession assistée vise à sécuriser les ressources minières et stratégiques de l’Arctique.
La Maison-Blanche change d’échelle dans sa stratégie d’acquisition du Groenland, rapporte l’agence Reuters. Des responsables américains auraient entamé des discussions portant sur le versement de sommes forfaitaires aux 57 000 habitants de l’île pour les convaincre de rompre leurs liens avec le Danemark. Selon quatre sources proches du dossier, ces transactions directes constitueraient le pivot d’une stratégie de rachat inédite, malgré l’opposition frontale de Copenhague et de Nuuk.
L’arbitrage financier en cours au sein de l’entourage présidentiel porte sur des montants allant de 10 000 à 100 000 dollars par personne. Dans l’hypothèse haute, la facture globale s’élèverait à près de 6 milliards de dollars pour le Trésor américain. Cette approche transactionnelle vise à lever les réticences économiques d’une population dont le débat sur l’indépendance est historiquement freiné par la dépendance financière vis-à-vis du Danemark.
Le modèle du Compact of Free Association en ligne de mire
Parmi les structures juridiques envisagées, la Maison-Blanche s’intéresse de près au « Compact of Free Association » (Cofa). Ce modèle, actuellement en vigueur avec la Micronésie, les îles Marshall et les Palaos, ferait du Groenland un État souverain associé aux États-Unis. Nuuk conserverait une pleine autonomie interne, tandis que Washington assurerait la défense et la prestation de services essentiels, comme le courrier.
En échange de cette protection et d’une aide économique pluriannuelle ciblée sur les infrastructures et les services publics, l’armée américaine obtiendrait une liberté de mouvement totale sur le territoire. Ce cadre permettrait également aux Groenlandais de bénéficier de droits de séjour et de travail étendus aux États-Unis. Toutefois, ce scénario impose une rupture préalable avec le Danemark, les paiements directs envisagés par l’administration Trump pouvant servir de catalyseur lors d’un éventuel référendum d’autodétermination.
Une tradition américaine de l’achat de nouveaux territoires
Le projet Groenland s’inscrit dans une longue tradition de « diplomatie du carnet de chèques » qui a façonné les frontières américaines. Dès 1803, le rachat de la Louisiane à la France pour 15 millions de dollars (environ 380 millions de dollars actuels) avait doublé la taille du pays. En 1867, c’est l’Alaska que Washington acquiert auprès de la Russie pour 7,2 millions de dollars, un montant dérisoire au regard des réserves d’or et de pétrole découvertes plus tard.
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Le Danemark n’est pas un partenaire inédit dans ce type de transactions. En 1917, les États-Unis ont racheté les Antilles danoises (devenues les îles Vierges américaines) pour 25 millions de dollars afin de sécuriser le canal de Panama. Cependant, la proposition actuelle se distingue radicalement par son ciblage : là où les accords historiques se passaient entre chancelleries, l’administration Trump envisage désormais de rémunérer directement les citoyens pour favoriser une rupture politique avec leur métropole.