L’audit financier de la ville de Bordeaux commandé par Thomas Cazenave pointe une situation « très dégradée et préoccupante ». Élu au printemps, le maire macroniste devra tailler dans les investissements face à ce qu’il qualifie de « dérapage » de son prédécesseur écologiste.
« La situation financière est très dégradée et préoccupante. Nous savons que nous serons intégrés au réseau d’alerte en 2026 », déplore Thomas Cazenave, faisant référence au courrier d’avertissement de la préfecture et de la Direction régionale des finances publiques, adressé tant à la ville qu’à la métropole de Bordeaux.
Le maire de Bordeaux et son adjoint chargé des finances, de l’évaluation des politiques publiques et du budget vert, Louis Fleury, ont présenté ce lundi les conclusions de l’audit réalisé par le cabinet EY sur les finances de la ville.
« La ville aura une épargne nette négative sur l’exercice 2026. Cela veut dire qu’on emprunte de l’argent pour rembourser nos emprunts », commente Thomas Cazenave, debout pour pointer du doigt les indicateurs projetés à l’écran.
La présentation défile : 413 millions d’euros de dettes en 2025 contre 271 millions d'euros cinq ans plus tôt, et 8,7 années de capacité de désendettement, soit le double des 4,4 années de 2021 mais un niveau inférieur au seuil d’alerte qui se situe à 12 années. Ce ratio correspond au nombre théorique d’années qu’il faudrait à la ville pour rembourser sa dette en y consacrant l’ensemble de son épargne.
Dans une autre diapositive, le maire commente l’effet ciseau des comptes de la ville : « Les dépenses augmentent plus vite que les recettes depuis 2023. » Son adjoint complète : « Il y a eu 8 millions d’euros de recettes en plus entre 2023 et 2025 mais 24,5 millions d’euros de dépenses en plus. »
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Les deux élus ne cessent de répéter que la situation financière est « historique » pour la ville. Mais la présentation des conclusions de l’audit reste floue à plusieurs égards. Elle omet notamment les économies attendues des investissements réalisés par la précédente mandature, qui a toujours justifié ses investissements pour préparer l’avenir, que ce soit en matière de rénovation énergétique ou de politique d’énergies renouvelables. « Il faut des années pour récupérer les économies attendues », balaye l'ex ministre des Comptes publics.