Le président de l'organisation patronale, Patrick Martin, voit d'un très mauvais œil le maintien dans le prochain budget de la surtaxe d'impôt sur les grandes entreprises.Lundi 22 juin, la chaleur n'était pas la seule à accabler Patrick Martin, venu présenter une publication de son organisation « Cartes sur table ». Le président du Medef n'a pas caché sa crainte face à la presse. Il redoute de voir la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (CEBGE) reconduite pour la troisième année consécutive dans le budget 2027. Ce sujet brûlant a été abordé la semaine dernière lors d'une rencontre avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
« Ce qu'on comprend, c'est qu'il y a quand même des réflexions assez avancées de la part de Bercy et du gouvernement plus généralement, pour reconduire, peut-être sur un format un peu réduit, cette surtaxe d'impôt sur les sociétés (IS) », a détaillé Patrick Martin, en réponse à une question de La Tribune. « On y est totalement opposés ! », a ajouté le leader patronal.
Selon le président du Medef, ce dossier est loin d'être indolore pour les 300 grands groupes concernés cette année. « Ces entreprises-là arbitrent soit au niveau de leurs investissements et de leurs embauches, soit sur l'allocation géographique » de ces derniers, a-t-il prévenu. Et ce, à un moment où la Banque de France et l'Insee ont revu leurs prévisions de croissance à la baisse pour l'Hexagone — entre 0,5 et 0,7 % en 2026.
Un dispositif qui se pérennise
À l'automne 2025, le gouvernement de Sébastien Lecornu avait inscrit la prorogation de la surtaxe d'IS dans le projet de loi de finances. Mais le texte prévoyait alors de réduire la voilure. Le rendement de cet impôt exceptionnel devait être divisé par deux environ, passant de 7,5 milliards d'euros en 2025 à 4 milliards d'euros en 2026.
Mais les discussions budgétaires à l'Assemblée nationale ont rapidement conduit le ministre de l'Économie, Roland Lescure, à revoir la copie. Dès le 27 octobre, le locataire de Bercy a déposé un amendement surprise. Ce dernier visait à rehausser de 2 milliards d'euros le rendement de la surtaxe en 2026 par rapport au texte initial.