États-Unis : la Fed devrait temporiser face au retour de l’inflation, dernière réunion pour Powell ?
latribune.fr
La prochaine réunion pourrait de la Fed marquer la fin d’un cycle : le mandat de Jerome Powell à sa tête doit s’achever à la mi-mai, avant la prochaine réunion de juin.
Reuters
Confrontée aux effets inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient, la Réserve fédérale devrait maintenir ses taux cette semaine. Une réunion charnière, qui pourrait être la dernière présidée par Jerome Powell. Il sera vraisemblablement remplacé par Kevin Warsh, après que sénateur républicain Thom Tillis a annoncé ce dimanche qu'il soutiendrait sa nomination.
La pression monte, mais la Réserve fédérale des États-Unis devrait rester immobile. Réuni mardi et mercredi, son comité de politique monétaire (FOMC) ne devrait pas modifier ses taux directeurs, maintenus dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %, malgré un retour des tensions inflationnistes.
« Comme il n’y a pas la moindre chance que la Fed change ses taux d’intérêt, notre attention se portera principalement sur tout élément concernant les futurs mouvements de politique monétaire », souligne Nancy Vanden Houten, économiste chez Oxford Economics.
Une analyse largement partagée par les marchés, comme en témoigne l’outil FedWatch du groupe CME Group, qui anticipe un statu quo monétaire au moins jusqu’à la fin de l’année.
Le pétrole ravive les tensions inflationnistes
En toile de fond, la guerre déclenchée fin février contre Iran, en coordination avec Israël, bouleverse les équilibres économiques mondiaux. La fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran - par lequel transite près de 20 % des hydrocarbures mondiaux - a provoqué une flambée des prix du pétrole, passés d’environ 65 dollars le baril avant la crise à près de 95 dollars, avec un pic au-delà de 110 dollars début avril.
Conséquence directe : les prix à la pompe ont bondi de plus de 15 % en mars, alimentant une inflation qui pourrait repasser au-dessus de 3 % sur un an, loin de la cible de 2 % fixée par la Fed.
« Il y a une possibilité non négligeable que le communiqué reconnaisse qu’une hausse des taux pourrait être nécessaire si l’inflation reste durablement au-delà de la cible », estime Gregory Daco, chef économiste chez EY.
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Une réunion sous le signe de l’incertitude
La guerre a « renforcé l’incertitude », observe Nancy Vanden Houten. Les membres du FOMC pourraient désormais accorder davantage de poids aux risques inflationnistes, au détriment du marché du travail, jusqu’ici au cœur de leurs préoccupations.
Dans ce contexte, la conférence de presse de Jerome Powell, prévue mercredi à 14 h 30 (18 h 30 GMT), sera particulièrement scrutée par les investisseurs.
Un tournant à la tête de la Fed
Cette réunion pourrait marquer la fin d’un cycle : le mandat de Jerome Powell à la tête de la Fed doit s’achever à la mi-mai, avant la prochaine réunion de juin.
Son successeur désigné, Kevin Warsh, doit encore être confirmé par le Sénat, où la majorité présidentielle reste fragile. Un seul vote dissident pourrait suffire à bloquer sa nomination mais l'obstacle est levé : le sénateur républicain Thom Tillis a annoncé dimanche qu'il soutiendrait sa nomination après l'abandon de l'enquête visant l'actuel patron, dont il faisait une condition.