Chaque année, la France paie 1,5 milliard d’euros d’amendes à la Commission européenne car elle ne recycle pas assez son plastique. Le président Macron a donc demandé au gouvernement mi-mai de conduire une concertation sur l’installation de bacs dans les supermarchés pour récupérer les bouteilles usagées. Le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, recevra demain les associations de collectivités qui s’opposent à cette « fausse consigne », estimant que cela les priverait d’une manne financière considérable qu’elles tirent de la revente du plastique.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous recevez les élus locaux demain pour « faire un point » sur la consigne. Qu’allez-vous vous dire ?
MATHIEU LEFÈVRE — Rien ne se fera sans les élus locaux, ni sans concertation préalable. Leurs représentants expriment des craintes, que j’entends. C’est pourquoi j’ai engagé une concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Car force est de constater que nous sommes encore loin des objectifs européens : nous ne recyclons que 26 % des emballages plastiques que nous consommons alors que nous devrions être à 50 %. Le statu quo n’est plus possible : la France, et donc les contribuables, s’acquitte chaque année d’une contribution de 1,5 milliard d’euros au budget de l’Union européenne en raison de nos mauvaises performances. Il faut donc regarder l’ensemble des leviers possibles, dont la consigne plastique pour recyclage, pour atteindre nos objectifs [55 % d’ici à 2030].