Fed : premier test pour Kevin Warsh, sous la pression de Donald Trump
latribune.fr
À l'issue de la réunion, Kevin Warsh tiendra sa première conférence de presse en tant que président de la Fed.
/FW1FP/Matthew Lewis - REUTERS - REUTERS - Kevin Lamarque
Pour sa première réunion à la tête de la Réserve fédérale, Kevin Warsh devrait maintenir les taux d'intérêt inchangés malgré les attentes de Donald Trump. La flambée de l'inflation liée au conflit au Moyen-Orient complique déjà la mission du nouveau président de la banque centrale américaine.
Le nouveau patron de la Réserve fédérale américaine est déjà confronté à un choix délicat. Réunie mardi et mercredi, la Fed devrait laisser ses taux directeurs inchangés, malgré les appels répétés de Donald Trump à un assouplissement de la politique monétaire. Nommé fin janvier par le président américain, Kevin Warsh était attendu comme le dirigeant capable d'engager rapidement une baisse des taux. Mais la dégradation du contexte économique a profondément changé la donne.
L'inflation américaine a accéléré à 4,2 % sur un an en mai, contre 2,4 % en février, sous l'effet notamment de la hausse des prix de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Un niveau qui reste très éloigné de l'objectif de 2 % fixé par la banque centrale.
Un statu quo largement attendu
Dans ce contexte, les marchés anticipent un quatrième maintien consécutif des taux d'intérêt. Si la Banque centrale européenne a récemment choisi de relever ses taux pour contenir les tensions inflationnistes, la Fed devrait privilégier l'attentisme. Les responsables monétaires restent toutefois de plus en plus nombreux à estimer qu'un nouveau relèvement pourrait devenir nécessaire d'ici la fin de l'année.
Un tel scénario constituerait un revers pour Donald Trump, qui avait fait de la baisse des taux et du coût du crédit l'un de ses engagements économiques avant les élections de mi-mandat prévues en novembre.
L'indépendance de la Fed sous surveillance
Au-delà de la décision monétaire, les investisseurs observeront la capacité de Kevin Warsh à préserver l'indépendance de la Réserve fédérale.
L'ancien gouverneur de la Fed (2006-2011) succède à Jerome Powell, régulièrement pris pour cible par Donald Trump, qui lui reprochait de ne pas avoir suffisamment abaissé les taux d'intérêt.
Les responsables de la banque centrale publieront également mercredi leurs nouvelles prévisions de croissance, d'inflation, de chômage et de trajectoire des taux, des indicateurs particulièrement attendus alors que les incertitudes géopolitiques pèsent sur l'économie mondiale.
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À l'issue de la réunion, Kevin Warsh tiendra sa première conférence de presse en tant que président de la Fed. Un exercice très scruté, tant pour ses messages sur l'inflation que pour sa capacité à démontrer que la banque centrale reste guidée par les données économiques plutôt que par les attentes de la Maison Blanche.