Vive le Canada libre ! La chronique de François Clemenceau
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« Tant qu’il y a de la sève, l’arbre ne tombe pas », dit le proverbe canadien. Mark Carney n’est pas le plus jeune des dirigeants du G7 qui s’ouvre demain à Évian, sous présidence française, mais il est politiquement le moins plombé d’entre eux. Vendredi 12 juin au soir, il a été reçu à l’Élysée par un Emmanuel Macron en fin de mandat, usé et impopulaire comme la plupart de ses pairs au terme de leur marathon exécutif.
Ses collègues européens Friedrich Merz et Keir Starmer sont au début et au milieu de leur parcours mais défiés, comme en France, par un électorat tenté par une extrême droite pro-Trump et pro-Poutine. La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, est la novice du club. Nationaliste, admirée par le président américain, elle est toujours demandeuse de protection stratégique. Comme elle, l’ultraconservatrice dédiabolisée Giorgia Meloni sait flatter Donald Trump, même si elle a fini par comprendre la dangerosité de son parrain. Dans ce paysage cabossé, Mark Carney incarne une fraîcheur et une promesse bienvenues.
La fraîcheur vient en grande partie de son enthousiasme. Justin Trudeau, son prédécesseur, avait fini par démissionner après dix années au bilan mitigé. La logique aurait voulu qu’un candidat du même parti subisse le sort des coalitions sortantes. Mais Carney a réussi à prouver qu’il était neuf, que son sérieux de banquier et sa rectitude seraient au service d’une continuité dans le changement.
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