Pour sauver les dernières usines françaises de pâte à papier, le ministre de l'Industrie propose un important coup de pouce de l'Etat via un aménagement des dettes et une contribution au plan d'investissement des sites. A condition que l'actionnaire de Fibre Excellence « prenne ses responsabilités ».Nouveau rebondissement dans le dossier Fibre Excellence. Alors les deux usines du groupe (basées à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône) qui figurent parmi les dernières en France à maîtriser la fabrication de pâte à papier, sont menacées de fermeture, l'État propose une importante aide au groupe.
Modernisation des usines et aménagement des dettes
« Le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, a proposé un engagement public de 150 millions d'euros qui repose sur deux volets de 75 millions d'euros chacun. Le premier volet concerne l'intégration du site de Saint-Gaudens dans le système des quotas carbone. Il prévoirait aussi l'abandon des intérêts et l'étalement, sur dix ans, des dettes publiques et sociales de Fibre excellence. Cela représente un allégement significatif de la pression financière pour la trésorerie du groupe qui est déjà soutenue ces dernières semaines et qui a déjà fait l'objet de reports de cotisations sociales et fiscales. Le deuxième volet prendrait la forme d'une garantie d'État couvrant 50% du plan d'investissement industriel pour accompagner la modernisation des usines de Saint-Gaudens et Tarascon », indique à La Tribune le cabinet du ministre de l'Industrie.
Les deux sites de Fibre Excellence emploient 670 salariés et génèrent plus de 10 000 emplois indirects dans la filière forêt-bois-papier et logistique. Ils produisent environ 550 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisée pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages). Les excédents de vapeur générés par le travail de la biomasse permettent également de produire de l'électricité qui est revendue à l'État.
Mais en début d'année, le patron du groupe en France a sonné l'alerte, les deux usines pourraient fermer mi-mars. En cause, d'un côté la hausse des prix du bois en France et de l'autre les modalités de rachat par EDF qui ne couvrent plus les coûts réels de production d’électricité.