Menacées de fermeture, les deux usines de Fibre Excellence ont obtenu un sursis grâce à un coup de pouce de neuf millions d'euros de la holding du groupe. En parallèle, l'Etat envisage deux pistes pour pérenniser leur avenir. 670 emplois sont en jeu.
Une course-contre-la-montre est engagée pour sauver un savoir-faire industriel stratégique pour la France : deux de ses dernières usines de fabrication de pâte à papier sont menacées de fermeture.
Implantés à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et à Tarascon (Bouches-du-Rhône), les deux sites de Fibre Excellence emploient 670 salariés et génèrent plus de 10 000 emplois indirects. Ils produisent environ 550 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisée pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages). Les excédents de vapeur générés par le travail de la biomasse permettent également de produire de l'électricité qui est revendue à l'État.
Mais en début d'année, le patron du groupe en France a sonné l'alerte, les deux usines pourraient fermer mi-mars. En cause, d'un côté la hausse des prix du bois en France et de l'autre les modalités de rachat par EDF qui ne couvrent plus les coûts réels de production d’électricité.
« Depuis 2023, on voit un certain déséquilibre entre le prix des intrants sur le bois et le prix auquel on vend l’électricité à EDF. Nos produits sont au plus bas, il n’y a pas vraiment de profit sur ce qu’on vend. Par exemple, nous vendons notre électricité à perte. La crise vient de là », analyse Jean-François Guillot, PDG France.
Avance de neuf millions pour gérer la trésorerie
Après une mobilisation de riverains à Saint-Gaudens le 31 janvier qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes et une lettre ouverte d'élus locaux au Premier ministre, la société Fibre Excellence vient d'obtenir un sursis.
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« Dans l'attente des arbitrages ministériels, la holding de Fibre Excellence a décidé de mettre à disposition des entités du Groupe une enveloppe de 9 millions d'euros afin d’assurer la continuité de l’activité de ses sites et de sécuriser le paiement de son réseau de fournisseurs de bois », précise le groupe.
Détenu par l’Indonésien Jackson Wijay (qui est également propriétaire de la multinationale Domtar), Fibre Excellence pourra, avec cette avance, subvenir à ses problèmes de trésorerie à court-terme et recule quelque peu l'épée de Damoclès sur les sites industriels. « A date, les deux usines continuent à produire actuellement et les fournisseurs bois sont payés », précise par ailleurs le groupe.