L’industrie minière cherche à réduire sa dépendance au diesel, devenu un poste de coût majeur pour de nombreuses exploitations africaines. L’électrification des sites apparaît progressivement comme un levier de compétitivité, de productivité et de réduction des impacts environnementaux.
Au Mozambique, le groupe indien Jindal, à travers sa filiale Vulcan, investira 160 millions de dollars (environ 140 millions d’euros) afin d’électrifier la mine de charbon de Moatize, la plus importante du pays. L’information a été donnée le 24 juillet.
Le projet ne vise pas à substituer le charbon par une autre source d’énergie. Il consiste à remplacer progressivement le diesel utilisé dans les opérations de la mine par l’électricité, pour alimenter les équipements miniers, les unités de traitement et le corridor ferroviaire destiné à l’exportation.
Vulcan prévoit ainsi de déployer une infrastructure électrique de 300 MW qu’elle présente comme le socle de la première exploitation minière entièrement électrifiée d’Afrique. Les informations communiquées par l’entreprise ne précisent pas la technologie retenue pour cette centrale. Elles indiquent en revanche que l’électrification des équipements doit supprimer les émissions directes des engins fonctionnant au diesel. Vulcan cherche également à valoriser les cendres issues de sa centrale thermique pour fabriquer du ciment, tandis que les autorités mozambicaines estiment que le projet contribuera à réduire les émissions de poussières de charbon autour du site.
Réduire la facture énergétique de Moatize
La mine de Moatize est exploitée par Vulcan depuis avril 2022, date à laquelle le groupe a racheté cet actif au brésilien Vale pour plus de 270 millions de dollars. L’opération comprenait également le corridor logistique de Nacala, une ligne ferroviaire de 912 km qui assure l’acheminement du charbon vers les ports d’exportation.
Déjà présent dans la province de Tete avec la mine de Chirodzi, le groupe Jindal a fait de Moatize son principal actif au Mozambique. Vulcan y exploite une concession de 250 km² et affirme avoir produit plus de 35 millions de tonnes de charbon par an au cours des trois dernières années.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Pour l’entreprise, l’électrification répond avant tout à un impératif économique. « Notre objectif ultime est de renforcer et de développer l’économie nationale. Actuellement, nous dépensons environ 150 millions de dollars uniquement pour les importations de diesel », a déclaré Mukesh Kumar, directeur général de Vulcan.
La future capacité électrique sera répartie entre les différentes composantes du complexe : environ 90 MW alimenteront les opérations minières, 30 MW les installations de traitement et près de 100 MW le corridor ferroviaire. Selon l’entreprise, cette organisation doit lui permettre d’atteindre l’autonomie énergétique de ses opérations tout en injectant une partie de l’électricité excédentaire dans le réseau national.
Un modèle à l’épreuve de la compétitivité
Au-delà de Moatize, le projet illustre les efforts engagés par certaines compagnies minières africaines pour moderniser leurs opérations face à la hausse des coûts énergétiques et aux exigences environnementales croissantes. Pour le gouvernement mozambicain, la réduction de la consommation de diesel représente un double enjeu. Le pays ne dispose pas de capacités de raffinage et dépend des importations pour son approvisionnement. Une moindre consommation de carburant pourrait ainsi réduire les coûts d’exploitation tout en améliorant la productivité de la mine.
Les autorités estiment également que l’électrification des équipements contribuera à limiter les poussières générées par les activités minières et à améliorer les conditions de vie des communautés installées à proximité de la concession.
Le projet devra toutefois démontrer qu’une électrification à grande échelle peut renforcer la compétitivité d’une exploitation minière tout en réduisant sa dépendance aux carburants fossiles. Si cette stratégie atteint ses objectifs, Moatize pourrait servir de référence à d’autres sites africains cherchant à moderniser leurs opérations sans remettre en cause leur activité extractive.