Deux ans et demi après l'inauguration de la gigafactory de Symbio en présence de nombreux politiques, l'ambiance est amère sur le parvis du fabricant de piles à hydrogène. A Saint-Fons, dans la Vallée de la chimie, plusieurs dizaines de salariés ont marqué par leur présence, leur soutien au mouvement de grève initié par le CSE, ce 28 avril.
Deuxième opération de ce type initiée depuis l'annonce, début décembre, d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) massif supprimant plus de 350 postes, la manifestation visait à mettre la pression sur la direction mais aussi à alerter un monde politique absent ce jour-là, à l'exception du maire de Saint-Fons, Hadi Mebarki (LFI), entré en poste en mars dernier.
La nouvelle feuille de route présentée par Jean-Baptiste Lucas (ex-DG de McPhy) qui a repris la barre de Symbio en juillet dernier, à la suite de Philippe Rosier, fait craindre pour la survie du site à moyen et long terme et plus largement, la disparition de savoir-faire mondiaux.
Lâché par Stellantis, co-actionnaire depuis 2023 aux côtés de Forvia et Michelin (à parts égales, 33,3%) et surtout principal client de Symbio (80% de son CA sur les trois années à venir), le fabricant de piles à hydrogène, accuse le coup comme il le peut, tentant de se réorganiser. Celui-ci entend se concentrer sur le transport lourd, type car ou bus mais aussi les camions, tout en ouvrant la porte à d'autres segments, comme le maritime, le ferroviaire ou plus éloignés, les data centers ou le stationnaire.