L'usine de 26 000m2 construite à Saint-Fons, près de Lyon, est directement menacée par les mesures qui sont actuellement discutées par les coactionnaires de l'entreprise.
La première « giga usine » de piles à combustibles européenne, implantée depuis fin 2023 à Saint-Fons (Rhône), attendait avec fébrilité la décision de ses deux coactionnaires, Michelin et Forvia, après le retrait inattendu de Stellantis. Un PSE prévoyant de conserver seulement 175 postes a été présenté ce mercredi aux salariés.
Que restera-t-il de Symbio ? L'entreprise, implantée dans la vallée de la chimie lyonnaise à Saint-Fons depuis fin 2023, comptait se positionner comme l'un des leaders des piles à combustibles pour la mobilité lourde (utilitaires, bus, pick-ups...).
Alors qu'un mouvement de grève s'était tenu le 19 novembre dernier, s'inquiétant de l'avenir des 506 emplois sur le site, frappé en juillet dernier par le désengagement de Stellantis du projet, les craintes se confirment, et s'accentuent. Ce mercredi et jeudi, une réunion concernant le plan de sauvetage de l'entreprise se tenait sur son site de la banlieue lyonnaise. Selon de premières informations de l'AFP, le groupe envisageait de supprimer 358 postes sur 506.
Quelques heures plus tard, la direction a finalement confirmé, dans une communication que La Tribune a pu consulter, qu'à « la suite du retrait de Stellantis comme client de l’ensemble de ses activités liées à l’hydrogène, un accord entre ses actionnaires (Forvia, Michelin et Stellantis) a été trouvé, permettant la continuité de Symbio. L’enjeu pour Symbio est d’adapter sa stratégie et son organisation à son nouveau périmètre d’activité. »
Pour cela, la direction annonce le maintien de seulement 175 postes au sein du groupe, sur un total de 506. Soit près de 331 suppressions de postes nettes. Avec à la clé, une nouvelle feuille de route, assortie d'un plan de refinancement (dont le détail n'est à ce stade n'est pas communiqué), assorti d'une transformation jugée « indispensable » pour le groupe.
Une redéfinition des priorités stratégiques
« Nous avons redéfini nos priorités stratégiques et adapté notre offre pour répondre à la nouvelle donne des marchés de la mobilité et du stationnaire. Notre volonté est de permettre à Symbio de devenir un acteur incontournable de la technologie hydrogène-électrique pour construire en France l’avenir d’une filière hydrogène européenne souveraine », a déclaré le nouveau PDG de Symbio, Jean-Baptiste Lucas, arrivé aux commandes il y a quelques mois.
Ce nouveau plan miserait entre autres à moyen terme sur le développement d'une pile à hydrogène de 75 kW de dernière génération, dédiée aux applications telles que les autobus, les autocars, et les usages stationnaires. « L’objectif est d’atteindre une capacité de production de 10.000 systèmes par an à l’horizon 2028-2030 sur le site SymphonHy de Saint-Fons », confirme le groupe.
A plus long terme, les usages tournés vers la mobilité lourde (poids lourds, etc) sont toujours attendus, avec le développement d'une nouvelle génération de pile à hydrogène de 150 kW. Des usages sur lesquels lequel une montée des volumes est attendue « à partir de 2030 » .
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