L’annonce avait fait l’effet d’une bombe cet été : Stellantis mettait un terme à son programme de véhicules à hydrogène. Une décision qui frappait de plein fouet Symbio, dont le constructeur était le principal client. Inquiet pour l’avenir, le CSE a lancé une mobilisation, alors que s’achève la procédure de conciliation entre Stellantis et les autres actionnaires du groupe, Michelin et Forvia.En pleine semaine de l'industrie et dans la foulée du Sommet Choose France, c'est un signal d'alarme qui retentit dans le monde de l'hydrogène. Le comité social et économique (CSE) de Symbio, fabricant rhodanien de piles à combustible hydrogène, a annoncé lancer un mouvement de grève dès ce 19 novembre.
La direction de l'entreprise évoque, elle, un appel à la mobilisation plutôt qu'une grève, à laquelle elle dit ne pas s'opposer. L'objectif du mouvement, non quantifié à l'heure actuelle, est clair : alerter sur le risque de liquidation de l'entreprise à la veille de la fin de procédure de conciliation, qui arrive à échéance le lendemain, entre les trois actionnaires, Stellantis, Michelin et Forvia.
Une trésorerie à la peine
Car cet été, Symbio a perdu son principal client, le groupe Stellantis, qui a annoncé, mi-juillet, l'arrêt de son programme de développement des véhicules à hydrogène à partir de 2026, faute de perspectives économiques. Un revirement présenté comme « inattendu » par le fabricant de piles à combustible, qui inaugurait en décembre 2023 sa GigaFactory (SymphonHy) à Saint-Fons, près de Lyon, destinée à produire 50.000 systèmes de piles à combustible par an à compter de 2026, et même jusqu'à 100.000 unités à horizon 2030. Un volume destiné à 80% à la demande de l'entreprise issue de la fusion de Fiat-Chrysler Automobiles et PSA, et détentrice des marques Peugeot, Opel ou encore Citroën.
« Au cours des deux dernières années, Symbio a dimensionné ses investissements, ses recrutements et sa feuille de route de développement en fonction des besoins exprimés par Stellantis pour les huit prochaines années », rappelaient en juillet dernier Michelin et Forvia, qui ont lancé une procédure de conciliation avec Stellantis.
« C'est un montant de pertes évalué entre 200 et 300 millions d'euros », évoque Stéphane Covarel, membre du CSE, qui précise ne pas connaître le chiffre exact.