Malgré le regain d'intérêt pour la mobilité électrique, nourri par la hausse des cours du pétrole, le marché reste très en deçà des prévisions. L'un des principaux assembleurs européens de batteries lourdes en fait les frais.
2025 a été l'année de la confirmation pour les véhicules électriques. La confirmation que les ventes ne prennent pas autant qu'espéré sur le sol européen. Avec 2,5 millions de voitures électriques neuves vendues, sa part de marché continentale reste sous les 20%.
L'industrie automobile est pourtant calibrée pour atteindre entre 80 et 100 % en 2035, avec un jalon à 60 % en 2030, en lien avec les règlements de l'Union européenne. De quoi sérieusement tendre la situation des constructeurs de véhicules et des fournisseurs.
C'est le cas pour Forsee Power, le fabricant de packs batteries dédiés à la mobilité lourde. Ses résultats annuels, publiés début mai, font apparaître un chiffre d'affaires en large baisse à 120,5 millions d'euros (-20 % vs 2024 et même -30 % vs 2023). Pire, après avoir atteint la rentabilité, l'industriel basé à Chasseneuil-du-Poitou dans la Vienne passe dans le rouge. L'Ebitda plonge à -3,1 millions d'euros, quand la perte nette affichée est de 28 millions.
La faute à des baisses et des reports de commandes de ses deux principaux clients, les constructeurs de bus Redman (Angleterre) et Custom Denning (Australie). En 2024, Forsee avait perdu le contrat avec Iveco, amputant déjà son activité. Ses ventes ont décroché de -22 % sur la partie poids-lourds et de -12 % sur les technologies industrielles et véhicules légers.
Relais ferroviaire
« L'année ne s'est pas déroulée telle que nous le souhaitions », commente Christophe Gurtner, président-fondateur de Forsee Power. « L'électrification ne se fait pas au rythme attendu, les seuls qui ont percé sont les concurrents chinois. Les discours politiques sont englobés de beaucoup d’interrogations sur l’électrique, c’est vrai en France et en Europe. Aux États-Unis, cela a carrément provoqué un arrêt de la conversion », poursuit-il, qualifiant l'ambiance générale de « tumultueuse ».
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Organisée pour produire jusqu'à 2 500 packs par an, l'usine poitevine tourne au ralenti. Les 160 salariés composent avec un jour de chômage partiel par semaine depuis le mois de septembre. La direction a également procédé à 58 ruptures conventionnelles, complétées par des départs volontaires et des non-remplacements. Au total, la marque s'est séparée de 185 salariés en France et en Chine, faisant tomber ses effectifs à 600 dans le monde.