Chute de commandes, projets stoppés... Derrière les gigafactories de l'automobile, les industriels de la mobilité électrique sont à la peine. En Nouvelle-Aquitaine, Arts Energy et Forsee Power voient leur chiffre d'affaires fondre, tandis qu'Exoes et Neogy revoient à la baisse leurs projets de production en grand volume.
Des mastodontes de la batterie dans le Nord de la France aux petits fabricants régionaux, le constat est le même. « On ne peut pas lutter face aux Chinois. » Avec sa production de masse et des prix de cellules tirés vers le bas - -51% en un an selon une étude de Bloomberg - la Chine est en train d'écraser la concurrence. Dont l'Europe, qui pensait encore pouvoir rattraper son retard. Après les difficultés répétées des gigafactories d'ACC, Verkor ou Northvolt, la secousse touche maintenant toute la filière.
En Gironde, à peine un an après avoir inauguré sa petite usine de batteries, le fabricant Neogy, filiale du groupe Startec Energy, a été placé en redressement judiciaire. Avec son modeste site de 3 000m² à l'est de Bordeaux, l'industriel voyait grand en espérant atteindre une capacité annuelle de 400 000 batteries pour vélos électriques. Mais sur le marché, rien ne va plus comme avant.
Commandes annulées
« Le marché du vélo à assistance électrique se porte très mal, entame Lucas Gebler, directeur adjoint de l'entreprise. Les industriels voulaient des batteries françaises, mais dès que la demande a baissé et que les contraintes de prix sont devenues trop fortes, tout le monde s'est redirigé vers la Chine. Or les Chinois pratiquent des prix inférieurs à nos coûts de production donc on ne peut pas rivaliser », déplore-t-il.
Les trois principaux clients se sont ainsi désengagés : REV Mobilities pour le retrofit de voitures, Vitibot avec ses robots viticoles et surtout Valeo qui promettait d'acheter 50 000 batteries par an pour fabriquer des kits de vélos électriques. L'entreprise bordelaise a subitement perdu la moitié de son chiffre d'affaires (porté à 10 millions d'euros en 2024) et a décidé de licencier un tiers de ses 75 salariés.
« On va beaucoup mieux, la masse salariale est en adéquation avec notre volume d’activité », assure le responsable, qui cherche désormais des relais de croissance dans la défense, l'aéronautique et le nautisme. Il n'empêche que Startec met en pause la montée en cadence qui devait l'amener à produire autant qu'une gigafactory. Une perspective dont elle rêvait pourtant il y a encore un an, boostée par des demandes diluviennes de la part de ses principaux clients.
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