La joueuse de tennis Serena Williams s’injectant un peptide lors de la mi-temps du Super Bowl.
ro.co
« La quête ultime est la lutte contre le vieillissement » : les peptides, la nouvelle potion magique de la Silicon Valley
RÉCIT. Portés par le succès du traitement Ozempic, les peptides séduisent une génération américaine en quête de performance et de longévité. En France, l’arrivée sur le marché de ces molécules présentées comme miraculeuses suscite la levée de boucliers des scientifiques, qui alertent sur le peu d’études les concernant.
Max, trentenaire aux cheveux de surfeur, nous fait découvrir un open space comme un autre dans un immeuble du centre de San Francisco. Des salles de réunion, une machine à café et un petit réfrigérateur rempli de fioles translucides. «On peut se servir en peptides ici», lance-t-il avec un sourire. Sa start-up, lancée il y a un an dans l’assistance médicale par intelligence artificielle (IA), recommande via son application différentes variantes du produit de santé le plus en vogue de la Silicon Valley : les peptides.
Perte de poids, reconstruction musculaire, soutien à la concentration… les effets promis sont vastes et font miroiter des lendemains optimisés. Dans cette ville obsédée par le progrès, les derniers investissements ciblent le corps humain. On se les injecte désormais à la seringue pour un effet plus rapide.
Le carburant de cette amélioration, les peptides, sont de petites chaînes d’acides aminés à l’origine des protéines. Certains régulent la faim (GLP-1), d’autres orchestrent la réparation cellulaire (BPC-157), d’autres encore stimulent la sécrétion d’hormones de croissance (CJC-1295). Les chercheurs ont réussi à les isoler et à les synthétiser. Le monde branché de Californie s’est alors jeté dessus avant que la tendance ne déferle sur le pays, traverse l’Atlantique et atteigne l’Europe.
« Ça donne une impression de magie »
Le plus célèbre d’entre eux mime l’action du GLP-1, une hormone qui stimule la sécrétion d’insuline. On le connaît mieux sous le nom du traitement : Ozempic. Il a démontré à grande échelle l’efficacité d’un peptide synthétique. Ce dernier peut transformer durablement le métabolisme et faire perdre du poids en quelques semaines. Un rêve pour des millions d’Américains.
Dans son sillage, le mouvement d’optimisation du corps a popularisé des molécules plus confidentielles, comme le BPC-157 pour la réparation des tendons ou le TB-500 pour la récupération musculaire, auprès d’une population jeune et hyperconnectée, avide de performance.
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