« Il n’est jamais facile de raconter la fin d’une aventure dans laquelle on a investi dix ans de sa vie. Derrière l’histoire de Limatech se cache une réalité que vivent de nombreuses start-up industrielles ». C'est avec ces mots que la société Limatech, pionnière dans la fabrication de batteries de nouvelle génération (Lithium Fer Phosphate - LFP) pour l'industrie aéronautique, a fini par déposer les armes.
Le couperet est tombé mi-juin sans bruit sur les bancs du tribunal de commerce de Toulouse (Occitanie), mais la décision promet de faire écho. Car après une décennie de travaux de recherche et la création d'une première usine pilote à Voreppe (Isère), la deeptech Limatech (qui employait une vingtaine de salariés entre Toulouse et Voreppe), s'érigeait comme un symbole de la transition énergétique du secteur aéronautique.
Elle avait notamment été le premier acteur européen à obtenir les autorisations nécessaires pour livrer ses batteries LFP en « première monte » à des clients d'un marché hautement stratégique et réglementé, avec des essais en vol réalisés aux côtés d'Airbus Helicopters.
Alors qu'elle se situait « dans une période charnière » en attaquant la phase de contractualisation précédant la livraison de ses premières batteries - tout en s'affairant également à obtenir une nouvelle autorisation pour le marché de la seconde main, qui aurait pu représenter jusqu'à 80% de son futur marché -, Limatech avait d'abord été percutée de plein fouet par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.