Mesure phare du plan d’électrification, le dispositif visant à accélérer la sortie du gaz, du fioul et le déploiement de la mobilité électrique dans 100 territoires reste entouré de nombreuses zones d’ombre. Règles du jeu peu lisibles, financement incertain, couac de communication et arbitrages encore en cours… Plongée dans les coulisses d’un chantier gouvernemental loin d’être achevé.Officiellement, la liste n’est toujours pas arrêtée. Pourtant, sur le terrain, certaines collectivités se voient déjà parmi les lauréats des « 100 territoires d’électrification ». Dernièrement, plusieurs médias locaux ont ainsi annoncé la sélection de Saint-Étienne Métropole et de Charlieu-Belmont, sur la base d’informations communiquées par le préfet de la Loire. « Cette annonce unilatérale est très étonnante car le SGPE [Secrétariat général à la planification écologique] n’a pas encore validé les 100 territoires sélectionnés », réagit l’entourage de Maud Bregeon.
Cet épisode, certes anecdotique, en dit long sur les incertitudes qui entourent encore ce dispositif, dont le principe demeure salué par de nombreux acteurs. « C’est la première fois que le gouvernement part du territoire », a salué Sylvain Waserman, à la tête de l’Agence de la transition écologique (Ademe). « Nous avons la conviction chevillée au corps que la transition énergétique sera territoriale ou ne sera pas. »
Matignon se réserve les derniers arbitrages
Depuis le 101, rue de Grenelle, la ministre de l’Énergie, également porte-parole du gouvernement, a dressé mardi matin un point d’étape du plan d’électrification dévoilé par Matignon au printemps dernier, au moment où le pouvoir d’achat des ménages était une nouvelle fois mis à mal par la flambée des hydrocarbures en réaction au blocage du détroit d’Ormuz. Objectif : favoriser le déploiement des véhicules électriques et des pompes à chaleur dans les foyers.