OPINION. « Les années 2030, point de bascule de l’accompagnement des personnes âgées »

Barbara Moser-Desmarest
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Par Barbara Moser-Desmarest, Directrice Générale d’O2
Les dernières projections démographiques publiées par l’Insee en juin 2026 dressent un constat clair : la décennie qui s’ouvre sera décisive pour l’avenir de l’accompagnement de nos aînés. Si la population française pourrait commencer à diminuer à partir de 2037, le vieillissement de la société, lui, est une certitude. D’ici 2070, le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus augmenterait de 5,8 millions pour représenter près d’un tiers de la population, tandis que les plus de 80 ans seraient près de 9 millions, soit plus du double d’aujourd’hui.
Parallèlement, 9 Français sur 10 souhaitent vieillir à domicile. Mais cette aspiration ne pourra devenir une réalité sans des professionnels formés, disponibles et capables d’accompagner le quotidien des personnes fragiles.
Or, le secteur des Services à la Personne fait déjà face à des tensions croissantes de recrutements face à la montée rapide des besoins. La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques estime entre 150 000 et 200 000 le nombre d’emplois supplémentaires nécessaires en 2050 pour accompagner le vieillissement de la société. Malgré ce potentiel de création d’emplois, nous faisons toujours face à un enjeu central : attirer et fidéliser durablement les talents.
Les acteurs du secteur sont pleinement mobilisés. Recrutements plus accessibles, dispositifs de formation structurés, découverte concrète des métiers, suivi de proximité, organisation du travail plus adaptée aux contraintes personnelles… Autant d’actions qui traduisent une volonté collective de mieux reconnaître ces métiers et d’en faire des parcours professionnels durables et attractifs.
Mais l’ampleur du défi invite à renforcer dès aujourd’hui notre capacité collective d’anticipation.
Ces métiers sont essentiels. Ils permettent le maintien à domicile, préviennent l’isolement et garantissent la dignité des personnes âgées. Sans eux, de nombreuses familles seraient contraintes de se tourner vers des structures d’accueil impliquant un changement d'environnement difficile pour leurs proches.
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Et pourtant, ils restent trop souvent invisibles et insuffisamment valorisés dans notre imaginaire collectif. Il est temps de changer de regard.
Investir dans le secteur des Service à la Personne c’est investir dans des métiers d’avenir, porteurs de sens et fondés sur des compétences humaines irremplaçables : écoute, empathie, engagement. Cela passe par des formations reconnues, des parcours professionnels sécurisés et des méthodes de recrutement plus agiles.
Mais la formation et le recrutement ne suffiront pas sans une véritable reconnaissance collective
Cette mobilisation ne peut pas reposer uniquement sur les acteurs du secteur. Elle suppose également une impulsion claire des pouvoirs publics. Face au défi démographique qui s’annonce, la question du grand âge doit redevenir une priorité nationale. Qu’il s’agisse d’un plan Grand Âge ou d’une stratégie structurante pour le maintien à domicile, la France doit se doter dès aujourd’hui d’une vision long terme.
Le début des années 2030 sera le moment où nos choix collectifs produiront leurs effets. Valoriser les Services à la Personne et celles et ceux qui les exercent n’est pas un combat sectoriel : c’est une responsabilité collective. Et c’est surtout la condition pour garantir à chacun un droit fondamental : celui de vieillir dignement.
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