Carburants : l’envolée persistante des prix freine désormais la consommation

Il aura fallu presque deux mois pour que la hausse des prix à la pompe entraîne une baisse de la consommation de carburants en France.
© Agathe Perrier, La Tribune

Il aura fallu presque deux mois pour que la hausse des prix à la pompe entraîne une baisse de la consommation de carburants en France.
© Agathe Perrier, La Tribune
Les prix à la pompe se sont envolés dès les premiers jours de la guerre au Moyen-Orient, mais il aura fallu presque deux mois pour qu’ils entraînent une baisse de la consommation de carburants en France. Les volumes des gazoles routiers consommés – le diesel étant le carburant le plus écoulé en France – ont chuté de -18,5 % sur la deuxième décade d’avril (entre le 11 et le 20) comparé à la même période en 2025, d’après les dernières données publiées par le Comité professionnel du pétrole (CPDP), consultées par Les Échos.
Le recul est un peu moins marqué pour les volumes consommés de supercarburants (SP95, SP98 et superéthanol). Avec une baisse de 14,5 % sur un an sur la même période, il s’avère néanmoins élevé. Reste à voir si cette dynamique s’est poursuivie depuis.
Le contexte pèse en tout cas déjà sur les projets de vacances d’été des Français. Ils sont en effet moins nombreux que l’année dernière à envisager de partir au moins une semaine, selon une étude d’Alliance France Tourisme réalisée avec Ifop dévoilée mardi. Et davantage à projeter un séjour à l'intérieur des frontières plutôt qu’en Europe ou à l’international.
Il faut dire que les prix des carburants demeurent au sommet depuis plusieurs semaines. Rien que sur les quinze premiers jours ayant suivi l’opération militaire américano-israélienne en Iran, le litre de gazole avait pris 35 centimes, celui du SP95-E10 19 centimes et le SP98 avait augmenté de 16 centimes. Et la facture a encore grimpé depuis.
À deux mois du début du conflit, la hausse s’affiche désormais à +49 centimes pour le litre de diesel, à date de mardi 28 avril comparé à avant le 28 février, selon une moyenne calculée par l'AFP sur la base des données gouvernementales. Il faut ainsi débourser 2,21 euros en moyenne pour un litre de gazole, contre 1,72 euro fin février (+28,5 %).
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Du côté de l’essence, l’envolée a été plus contenue bien qu’elle soit aussi forte. Le litre de SP95-E10 coûte en moyenne 2 euros, contre 1,72 euro avant la guerre au Moyen-Orient. Soit une augmentation de +28 centimes (+16 %). Celui de SP98 revient à 2,09 euros, contre 1,83 euro neuf semaines en arrière (+26 centimes, soit +14 %).
La France n’est pas l’unique pays d’Europe où les prix des carburants à la pompe se sont envolés. Seule Malte ne les a pas vus varier d’un centime, gazole comme essence, au cours des deux derniers mois, d’après les bilans hebdomadaires de la Commission européenne du 23 février et du 27 avril, comparés par La Tribune.
Pour les autres membres de l’UE, la note est salée, particulièrement en ce qui concerne le diesel. La plus faible hausse du litre a été enregistrée en Roumanie (+16 centimes) et la plus forte en Finlande (+60 centimes). L’augmentation moyenne au sein des Vingt-Sept est de +38 centimes en seulement neuf semaines.
Si bien que le litre de diesel est supérieur au seuil symbolique des 2 euros dans neuf des 27 pays de l’UE actuellement, contre aucun avant le début de la guerre. La pression est toutefois en partie tombée puisque, début avril, c’était le cas dans 18 pays. Le prix du litre de gazole tutoie néanmoins encore des sommets partout en Europe.
Pour ce qui est du SP95, le litre a en moyenne grimpé de +22 centimes dans l’UE entre fin février et fin avril. La hausse est de moins de 10 centimes pour cinq pays (Malte, l’Espagne, la Pologne, l’Irlande et l’Italie) et de +38 centimes pour la Finlande, pays le plus impacté.
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