En s'alliant aux Etats-Unis pour entrer en guerre contre son ennemi historique, Tel-Aviv tente d'anticiper une menace qui lui semble imminente.Pourim commence lundi soir en Israël. Mais les réjouissances de la fête, qui commémore le salut du peuple juif dans la Perse antique, ont été annulées dans tout le pays. Dans ce récit biblique, Esther déjouait le complot de Haman. Aujourd’hui, Israël affronte à nouveau son ennemi historique, l’Iran moderne. Mais c’est sur le terrain militaire que l’État hébreu affirme vouloir empêcher une menace existentielle qu’il juge imminente.
Les premières alertes antiaériennes ont retenti à travers le pays samedi 28 février, à 8h15. Sur les téléphones, le message du commandement du front intérieur a appelé la population à se tenir à proximité immédiate des abris. Le réflexe a été immédiat. Depuis avril 2024, c’est la quatrième fois qu’Israël et l’Iran s’affrontent directement. Ce moment était anticipé. Ce qui relevait encore de l’hypothèse est devenu réalité lors de l’annonce officielle : Israël et les États-Unis ont lancé une opération conjointe contre l’Iran, baptisée Lion rugissant.
La riposte iranienne a rapidement suivi. Selon l’armée israélienne, plus d’une centaine de missiles balistiques ont été tirés vers le territoire israélien. La plupart interceptés, mais les alertes se succèdent sans interruption, imposant un rythme nouveau au quotidien. L’espace aérien est fermé, les vols suspendus. Plus de 50.000 réservistes sont mobilisés. Les hôpitaux passent en état d’urgence.