À l'occasion du sommet sur l'énergie nucléaire, Emmanuel Macron a officialisé un nouveau financement de plusieurs dizaines de millions d'euros pour les start-up Jimmy et Calogena tandis qu'Ursula von der Leyen a annoncé une enveloppe de 200 millions d'euros pour soutenir les projets de petits réacteurs nucléaires européens. Un changement de paradigme, après des années durant lesquelles Bruxelles a boudé l’énergie atomique.Alors que la guerre au Moyen-Orient souligne une nouvelle fois la dépendance de l'Europe aux énergies fossiles et les vulnérabilités économiques qui en découlent, Emmanuel Macron a inauguré ce mardi matin la deuxième édition du sommet mondial sur l’énergie nucléaire à la Seine musicale, à Boulogne-Billancourt près de Paris.
« Le nucléaire est clef pour réconcilier l’indépendance, la décarbonation et la compétitivité », a martelé le chef de l’État en ouverture du sommet, retardée de quelques minutes par l'intervention des militants de Greenpeace malgré l'important dispositif de sécurité mis en place pour l'occasion. Nous voyons « dans le contexte géopolitique [actuel, ndlr] combien trop de dépendance aux hydrocarbures peut devenir un instrument de pression, voire de déstabilisation », a-t-il poursuivi. Avec le nucléaire, « on accroît notre indépendance et on réduit les conséquences de soubresauts géopolitiques dans nos économies », a-t-il insisté.
Une quarantaine de pays, ainsi que des organisations, industriels et scientifiques, ont répondu présent à cette invitation après une première édition à Bruxelles en 2024. Outre le contexte de la guerre en Iran, ce sommet se tient 15 ans, presque jour pour jour, après la catastrophe de Fukushima. Emmanuel Macron a souligné le chemin parcouru. « Depuis 2011, les leçons ont été tirées. (...) L’énergie nucléaire est une énergie profondément sûre », a-t-il assuré. Aujourd’hui, 10 % de la production d’électricité dans le monde est assurée par la fission de l’atome. Quelque 450 réacteurs sont en exploitation, tandis que 70 sont en cours de construction et 115 projets à l’étude.
Ursula von der Leyen reconnaît une « erreur stratégique »
Pour concrétiser cette relance de l’atome, engagée notamment par la France avec la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR 2, et huit autres en option, Emmanuel Macron a largement insisté sur les besoins de financements, publics et privés, de cette industrie.