En Russie, près de 25 % des capacités de raffinage à l'arrêt à la suite d'attaques de drones
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Un incendie aux abords de la raffinerie de pétrole de Riazan en Russie, le 15 mai dernier.
/FW1FP/Mark Potter - via REUTERS - SOCIAL MEDIA
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Un incendie aux abords de la raffinerie de pétrole de Riazan en Russie, le 15 mai dernier.
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Les infrastructures énergétiques du Golfe ne sont plus les seules à tourner au ralenti. Les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes changent d’échelle. En quelques jours, une série d’attaques de drones a contraint plusieurs grandes raffineries du centre de la Russie à ralentir fortement leur activité, voire à arrêter totalement leur production. Un choc industriel majeur pour Moscou, qui fragilise l’approvisionnement intérieur en carburants, réduit les recettes budgétaires du Kremlin et ravive les tensions sur un marché pétrolier mondial déjà sous pression géopolitique autour du détroit d’Ormuz.
Selon des sources industrielles et des données officielles, les installations touchées représentent 83 millions de tonnes de capacités annuelles de raffinage, soit environ un quart des capacités russes. Leur poids dans la production de carburants est encore plus critique : elles assurent « plus de 30 % pour l’essence et d’environ 25 % pour le diesel » de la production nationale estime Reuters.
La liste des sites visés illustre l’ampleur de la vulnérabilité russe. Parmi eux figurent la raffinerie de Kirishi, près de Saint-Pétersbourg, celle de Moscou, mais aussi des complexes situés à Nijni Novgorod, Riazan ou Iaroslavl. L’une des plus importantes installations du pays, Kirishi, capable de traiter 20 millions de tonnes par an, est « complètement à l’arrêt depuis le 5 mai », selon plusieurs sources. Autre pilier du raffinage russe, la raffinerie NORSI, exploitée à Nijni Novgorod, a été attaquée le 20 mai. « On ignore encore si NORSI a pu maintenir une partie de ses activités. »
Ces nouvelles perturbations interviennent alors que Moscou tente déjà de contenir les effets des précédentes frappes ukrainiennes sur son appareil énergétique. Depuis le début de l’année, Kyiv a multiplié les opérations ciblant raffineries, dépôts pétroliers et oléoducs. L’objectif est double : réduire les capacités logistiques et industrielles de la Russie tout en amputant les revenus tirés des hydrocarbures, essentiels au financement de l’effort de guerre.
L’impact budgétaire est loin d’être marginal. Les taxes sur le pétrole et le gaz représentent environ un quart des recettes fédérales russes. La baisse des capacités de raffinage complique également l’équation intérieure pour le Kremlin, qui cherche à éviter toute flambée des prix des carburants sur son marché domestique. C’est dans ce contexte que le gouvernement russe a prolongé jusqu’à fin juillet l’interdiction d’exporter de l’essence.
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Pour le marché mondial du pétrole, cette dégradation progressive des infrastructures russes ajoute une nouvelle couche d’incertitude. La Russie demeure l’un des principaux producteurs mondiaux d’hydrocarbures derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. Mais les difficultés croissantes du raffinage peuvent désorganiser les flux de produits pétroliers, notamment de diesel, dont Moscou reste un fournisseur majeur pour plusieurs grandes économies importatrices.
C’est notamment le cas de l’Inde et de la Chine, premier importateur mondial d’énergie, qui absorbent une part significative des exportations russes. Plus largement, plusieurs économies émergentes restent exposées aux flux de produits pétroliers russes, en particulier sur le segment du diesel, en étant notamment alimentées par la flotte fantôme russe.
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