Grâce à une technologie de coulée en continue verticale, rare dans le monde, le sidérurgiste ArcelorMittal offre de nouvelles perspectives commerciales au site du Creusot de sa filiale Industeel. Après l'automobile et la défense, l'usine va pouvoir produire des aciers pour le nucléaire et la transition écologique.C'est un équipement très rare dans la sidérurgie au niveau mondial. À l'heure actuelle, seules trois aciéries, en Allemagne, au Japon et en Chine, peuvent se vanter de disposer d'un même équipement. À l'occasion d'une cérémonie jeudi 23 avril, le groupe ArcelorMittal a inauguré au Creusot une installation de coulée en continue verticale. Concrètement, il s'agit d'un équipement industriel de 45 mètres de haut et d'une vingtaine de mètres de large, qui permet de couler des brames minces d’acier.
Jusqu'à présent, ce site industriel en Saône-et-Loire de la filiale Industeel d'ArcelorMittal disposait seulement d'une coulée en source, réalisée dans des lingotières. « Afin de renforcer sa compétitivité, le site dispose désormais de deux voies de coulée », précise le groupe sidérurgique. Le tout contre 52 millions d'euros, dont 12,3 millions ont été apportés par l'État via le plan France 2030, après plus de deux ans de travaux.
Avec cette modernisation, cette usine d'acier de 840 collaborateurs sera en capacité de produire 15 000 tonnes d'acier sur les premières années, avant de monter à terme à 25 000 tonnes. Rudy Daubechies, le CEO d’ArcelorMittal Industeel, estime que cette montée en puissance pourra se faire en trois années. Pour le dirigeant, cet investissement représente à ses yeux « une étape importante » pour le site du Creusot.
De nouveaux marchés
Au-delà de l'aspect industriel, cet investissement représente aussi une dimension environnementale. Cette nouvelle voie de coulée « permet la suppression d'une étape de laminage intermédiaire », met en avant Bercy, ce qui provoque de fait une consommation énergétique moindre et donc des émissions de CO₂ réduites d'environ 10 % pour cette usine d'acier. Bien que celle-ci utilise déjà des fours électriques pour produire ses produits, l'industrie de la sidérurgie est réputée pour être l'une des plus polluantes.