Invité lors de la cinquième édition du Family Business Forum organisé cette semaine par La Tribune, à Paris, Sébastien Martin s'est montré ouvert aux investissements chinois sur le sol français. Mais avec une certaine exigence.Quelques jours après la visite d’État d’Emmanuel Macron en Chine, le ministre délégué de l’Industrie s’est voulu clair à propos des ambitions chinoises en matière industrielle. « Il ne faut pas être fermé aux investissements chinois (et l’arrivée d’usines chinoises sur le sol français, ndlr), mais adossés au débat sur la préférence européenne », a prévenu Sébastien Martin, invité à prendre la parole en clôture de l’événement Family Business Forum, organisé par La Tribune ce 9 décembre.
Pour l’heure, d’après des chiffres communiqués par l’Élysée, le stock d’investissements français en Chine est estimé à 46 milliards d’euros, contre 12 milliards à l’inverse. « Il faut un rééquilibrage des flux, dans le respect de notre souveraineté », souligne-t-on dans l’entourage du chef de l’État. « Nous ne voulons pas d’usines tournevis, ici ou là pour assembler des composants chinois. Il faut des garanties et cela passe par le contenu local », a ainsi souligné le ministre de l’Industrie, lors de son intervention. L’ancien président des Intercommunalités de France s’est ainsi montré favorable à la constitution de joint-ventures (co-entreprises) dans un souci de création de la valeur en France, notamment sur le marché de la batterie.
Un discours qui intervient dans un contexte où la Chine a battu tous ses records d’excédents commerciaux selon des chiffres parus ces derniers jours. Cet excédent se déverse plus que jamais en Europe, les exportations vers les États-Unis ayant diminué d’un tiers en raison des tensions commerciales entre les deux pays. De fait, de nombreux industriels français sont aujourd’hui en difficulté à l’image de Brandt, Teisseire, Maped ou Mahle-Behr.
« Certains secteurs industriels, à savoir l’automobile, la chimie et la sidérurgie sont frappés de plein fouet par des produits qui arrivent sur le marché européen avec des prix anti-concurrentiels, c’est impossible de s’aligner. Mais face à un tsunami (chinois), il faut plus qu’un mur. Quand vous avez de la concurrence déloyale qui vous tombe dessus, vous ne pouvez pas répondre uniquement par de la flexibilité du marché du travail ou des subventions sur les prix de l’énergie. Il faut plus que ça, il faut se protéger » clame Sébastien Martin, qui met en avant notamment la future clause de sauvegarde sur l’acier.