OPINION. « Mobilité : les municipales de 2026, le rendez-vous à ne pas manquer »

Jean-Marc Zulesi et Thierry Dallard
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Jean-Marc Zulesi et Thierry Dallard
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Notre territoire accuse un retard unique en France en matière de transports collectifs. Aucun nouveau métro depuis 1984, un réseau de tramway limité à 15 km, alors que des villes comparables à la seule ville Aix en Provence comme Grenoble, Angers ou Dijon disposent depuis longtemps de lignes de tramway. Ce retard pénalise quotidiennement, l’accès à l’emploi, à la santé et à la formation des 2 millions d’habitants de notre territoire.
Les conséquences sont connues : c’est un an de vie de perdu : 6 mois dans les embouteillages et 6 mois dans les effets sur la pollution de l’air.
Pourtant, l’État en initiant le plan Marseille en Grand, et le Parlement en votant la loi ambitieuse en décembre 2023 instaurant la dynamique des Service Express Régional Métropolitain (SERM) ont engagé une dynamique nouvelle, hélas sans grand effet d’ampleur pour l’instant faute d’une vision de long terme, sur les projets et sur leurs financements.
Car le changement ne se décrète pas sans un mouvement démocratique puissant et ambitieux.
Les décisions structurantes sont prises au conseil métropolitain, dont les membres ne sont pas élus directement, mais issus des conseils municipaux. Alors que Marseille dispose de 108 sièges et Aix-en-Provence 17 sur les 240, 81 communes disposent de 34% des droits de vote : c’est considérable ! Il est donc impératif que la mobilité soit intégrée au cœur de tous les programmes municipaux. La mobilité n’est pas uniquement l'affaire de Marseille ou d’Aix, mais d’un bassin de vie de deux millions d’habitants, qui peuvent habiter à Trets, travailler à Fos, étudier à Salon-de-Provence, se soigner à Aubagne, se former à Gardanne et se cultiver à Roquevaire.
Réussir le SERM, c’est aller aussi au-delà des infrastructures. C’est intégrer train, métro, tramway, bus, cars, et covoiturage, c’est répondre à un enjeu sous-estimé : la billettique, qui doit permettre un titre unique, des tarifs lisibles et un passage sans obstacle d’un mode à l’autre.
Deux défis majeurs attendent le nouvel exécutif métropolitain.
D’abord, mettre en place une gouvernance capable de fédérer tous les acteurs concernés par ces projets ambitieux. Des solutions existent : un syndicat commun Métropole-Région, comme à Lyon, unifiant les deux autorités organisatrices des mobilités ; une société de projet sur le modèle du Grand Paris pour réunir les compétences pointues et sécuriser les études et les travaux.
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Ensuite, trouver les financements à hauteur de l’ambition et… du retard des investissements. Il faut pour cela se mobiliser très fortement vis-à-vis de l’Etat car la loi de décembre 2023 a annoncé une programmation du financement des SERM qui n’est pas faite. Le renouvellement des concessions autoroutières, à partir de 2032 est une occasion historique et nombreuses sont les autres collectivités qui se mobilisent. Mais il ne faut pas, comme trop souvent, tout attendre de l’Etat et la métropole devra accentuer l’effort financier entrepris depuis 2 ans en procédant à des arbitrages courageux afin de dégager des économies.
Les besoins sont connus, les outils sont là et ont fait leur preuve ailleurs.
Les municipales de mars 2026 doivent être le moment où chaque commune s’empare de cet enjeu avec détermination et sans arrière-pensée. La mobilité est un choix de société qui conditionne notre qualité de vie, notre attractivité et l’égalité entre territoires.
L’heure n’est plus au constat, mais à l’engagement.
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(*)Thierry Dallard est président de la Société de la Rocade L2 et ancien président de la Société du Grand Paris. Jean-Claude Reboulin est président de l’Association des Usagers des transports des Bouches du Rhône. Jean-Marc Zulesi est président de l’Association « RER métropolitains » et ancien député rapporteur de la loi instaurant les Services Express Régionaux Métropolitains.