À 50 ans, Manu Payet a toujours cette étincelle de malice enfantine dans le regard. Mais aussi, sans doute, plus de noirceur, de dureté, quelque chose d’une maturité acquise à la faveur d’une carrière prolifique sur scène et sur les écrans. Les épreuves de la paternité, aussi, sûrement. Le moment parfait donc pour un retour au cinéma après le carton d’Emmanuel 2, son dernier spectacle.
Si, jusque-là, on ne l’imaginait guère en figure d’autorité, le voici professeur dans la comédie de Léo Grandperret Deviens génial. Un prof qui ne fait rien comme les autres, prêt à tout pour se faire nommer dans le collège de sa fille, embarqué dans un voyage scolaire en Allemagne et qui ne recule devant aucune fraude pour arriver à ses fins. Rencontre avec un acteur tourmenté, homme de scène et papa punk.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Ça vous a plu d’incarner Mathias, ce prof attaché à sa mission mais aussi rebelle et magouilleur ?
MANU PAYET — J’ai eu une relation trop conflictuelle avec mes professeurs. À l’époque – je suis né en 1975, génération X –, je voulais surtout aller faire de la musique, jouer de la guitare avec mes potes. Je me rends compte aujourd’hui que mes profs n’ont pas été que des ennemis. J’en ai eu des super cool, des profs qui ont été patients avec moi. Après avoir lu le scénario, j’ai rappelé Léo [Grandperret], le réalisateur, pour lui dire « c’est bon, on y va ». J’aime ce personnage. Je me suis investi corps et âme et je me suis rendu compte que c’était un bon moment pour leur rendre hommage. Les profs, aujourd’hui, ont besoin de tous ceux qui ne le sont pas. Il faut les porter un peu, leur dire qu’on est avec eux.