À qui la faute ? Qui a failli et à quel moment ? Dix-huit jours après la mort de Lyhanna, les conclusions de l’inspection diligentée sur les dysfonctionnements des plaintes visant le principal suspect, Jérôme Barella, doivent être remises demain au gouvernement. Selon nos informations, ce document met en avant une série de défaillances graves qui amène au fait que Jérôme Barella n’ait jamais été poursuivi.
Le document est établi de manière chronologique. Il met au jour tout le temps perdu autour de la plainte déposée par la mère de Rosa en août 2025 pour des dizaines de viols sur sa fille de 11 ans, qui n’avait donné lieu à aucune audition de Jérôme Barella ni actes d’enquêtes le concernant.
Le rapport révèle notamment que lorsque la plainte arrive en papier sans caractère d’urgence au parquet d’Auch, le pli est ouvert seulement trois semaines après. La magistrate en question met ensuite un mois et demi à l’attribuer à un service d’enquête, précise le document de l’inspection générale de la justice. La plainte est finalement renvoyée à Toulouse, là même où le parquet s’était pourtant dessaisi de l’affaire. Une succession d’erreurs qui ont permis à Jérôme Barella de ne jamais être entendu ni mis en examen, jusqu’au meurtre de Lyhanna, dont l’autopsie a révélé ce jeudi qu’elle avait aussi été violée. La mère de Rosa avait annoncé le 9 juin, via son avocat, son intention de porter plainte contre l’État pour «faute lourde» et contre le garde des Sceaux.
Les ministres de la Justice et de l’Intérieur, Gérald Darmanin et Laurent Nunez, pourraient annoncer demain l’ouverture d’enquêtes administratives individuelles, dans le but de prononcer des sanctions. Alors que le rôle de la procureure d’Auch Clémence Meyer avait été pointé pour des supposés manquements, ce sont selon nos informations deux autres personnes qui sont en fait visées dans le rapport : la substitut en charge des mineurs du parquet d’Auch et l’officier de police judiciaire (OPJ) en charge de l’enquête.