Israël : 37 ONG internationales sous la menace d'une expulsion
Trente-sept ONG internationales, dont Médecins du monde, Médecins sans frontières et Amnesty International, pourraient devoir quitter Israël après une décision de la Cour suprême validant de nouvelles règles d’enregistrement imposées par les autorités. Elles dénoncent une mesure contraire au droit international et jugée dangereuse pour leurs équipes.
Un enfant palestinien attend un examen médical dans un dispensaire géré par une ONG locale affiliée au réseau de soins de santé primaires du ministère palestinien de la Santé, à Al-Mawasi, dans le district de Khan Younès, au sud de la bande de Gaza, le...
Trente-sept ONG internationales, dont Médecins du monde (MDM), Médecins sans frontières ou Amnesty International vont-elles devoir quitter le territoire israélien ? Si les autorités de l’État hébreu suivent la décision de la Cour suprême, cela devrait être le cas dans les jours qui viennent.
Fin mai, la plus haute juridiction du pays a rejeté un recours formulé par ces organisations, leur donnant trente jours pour se conformer aux nouvelles règles d’enregistrement. Celles-ci, mises en œuvre au printemps 2025 pour « raisons de sécurité », exigent qu’elles fournissent la liste exhaustive de leurs employés palestiniens ainsi que leurs coordonnées.
« C’est contraire au droit international », s’indigne Louis-Nicolas Jandeaux, responsable plaidoyer d’Oxfam France. Les ONG refusent de se plier à la directive, craignant de mettre leurs personnels en danger. Et de rappeler que, selon l’ONU, 593 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza depuis octobre 2023.
En attendant, les humanitaires continuent d’œuvrer à Gaza et en Cisjordanie, mais en mode très dégradé, contraints de passer par des partenaires locaux, des agences onusiennes. « Aucun de nos camions d’aide n’a pu pénétrer à Gaza », témoigne Mahmoud Slim, coordinateur Moyen-Orient à Médecins du monde.
Les besoins dans l’enclave restent énormes, d’autant que, malgré le cessez-le-feu signé en octobre, Israël poursuit ses bombardements. Plus de 1 000 personnes sont mortes les huit derniers mois. « Chaque jour, entre 1800 et 2200 patients passent par nos six centres de santé primaire », assure le cadre de MDM. Selon lui, 52 % des médicaments de base et 68 % des équipements médicaux manquent, et l’essence est hors de prix. « Une situation aberrante », résume Louis-Nicolas Jandeaux.
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