L’urgence de sauver la démocratie européenne. La chronique de François Clemenceau
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La tenue au cœur de la capitale arménienne d’une nouvelle édition de la Communauté politique européenne, à la veille d’une visite d’État sur place d’Emmanuel Macron et d’un sommet entre l’Arménie et les dirigeants des institutions européennes, est évidemment un message. Comme l’écrit le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, il s’agit pour son pays de « réaffirmer son engagement ferme et déterminé à soutenir les valeurs démocratiques et l’État de droit » dans sa relation avec ses partenaires européens.
L’Arménie, et ses siècles d’histoire meurtrie en bandoulière, a choisi de garder un lien méfiant avec la Russie, de signer une paix injuste mais réaliste avec son voisin azerbaïdjanais soutenu par la Turquie, tout en accélérant ses rapprochements avec l’Union européenne. Mieux, la CPE d’Erevan accueillera aussi ce 4 mai le président ukrainien Zelensky, si attaché lui aussi à ancrer son pays à l’Europe et ses valeurs.
Le concept de CPE, que l’on doit au président Macron dans les premiers mois qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine, est né d’une ambition lucide. L’UE est une vieille dame au pas lent et hésitant mais dont l’existence même est un défi. Rarement depuis la chute du mur de Berlin autant de pays du continent ont voulu la rejoindre pour bénéficier de sa prospérité et de ses libertés.
Mais à l’heure où l’Otan est devenue – du fait des caprices et inconsistances de Donald Trump – une promesse incertaine, les démocraties qui la composent se doivent d’inventer au plus vite une capacité identique de prise en charge de notre sécurité collective. « On est en train de construire une architecture de sécurité européenne, nous confie en revanche Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, qui s’est rendu à Erevan pour préparer la CPE et la visite du chef de l’État.
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