« Une température exceptionnelle et inquiétante » : la canicule marine, une bombe à retardement ?
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Le port d'Erbalunga, en Haute-Corse.
Robert PALOMBA / ONLYFRANCE.FR - ROBERT LTD/Robert PALOMBA
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Jeudi 28 mai 2026, 17 heures : 33 °C à l’ombre à Paris, 37 °C à Bordeaux (Gironde), et même 37,6 °C à Narbonne (Aude). Jamais il n’avait fait si chaud en France dans ces régions durant un mois de mai. Mais l’atmosphère n’est pas la seule à surchauffer. À 15 kilomètres de Narbonne, Narbonne-Plage. L’eau de la Méditerranée y est à 20,5 °C. Quatre degrés de plus que la normale saisonnière. Déjà haut, mais encore loin du record de juin 2025. L’eau avait alors atteint 27 °C.
« C’était une température exceptionnelle et inquiétante » pour la saison, concède Sandrine Ruitton, chercheuse à l’Institut méditerranéen d’océanologie de Marseille. Un nouveau palier franchi en raison du changement climatique, mais auquel « il va falloir s’habituer, on semble se diriger vers des records dépassés chaque année ». Car les océans absorbent 90 % de la chaleur excédentaire générée par les activités humaines. « Et la Méditerranée, pour ne rien arranger, est une mer semi-fermée, précise la chercheuse, donc toutes les variations météorologiques et climatiques sont amplifiées par rapport aux autres océans. »
L’un des phénomènes méditerranéens amplifiés par le dérèglement du climat est le risque de « canicules marines ». Un terme récemment vulgarisé dans les médias qui décrit « des températures exceptionnellement hautes de plusieurs degrés par rapport à la normale et pendant une période prolongée, sur environ 50 mètres de profondeur », développe Sandrine Ruitton.
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