Depuis deux mois, les moins de 16 ans n’ont théoriquement plus le droit d’accéder aux réseaux sociaux. Dans la pratique, beaucoup contournent les nouvelles règles.Devant les caisses du McDonald’s du centre commercial de Bondi Junction, l’effervescence est adolescente en ce mardi après-midi. C’est là que les collégiens de ce quartier de Sydney ont l’habitude de se retrouver après les cours. Milkshake dans une main, smartphone dans l’autre, on fait comme tous les jours : on discute « dans la vraie vie », on se balance des vannes tout en s’échangeant des « reels » – ces vidéos courtes partagées sur Instagram.
Ce n’est que lorsqu’un adulte approche que l’ambiance change. Les corps se raidissent dans les uniformes, les regards se font inquiets. « On est repérés ? » semblent-ils se demander. Depuis le 10 décembre, les mineurs de moins de 16 ans ne sont plus censés accéder aux réseaux sociaux en Australie. Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat, YouTube, X, Reddit, Twitch, Threads et Kick ont désormais l’obligation de contrôler l’âge de leurs utilisateurs, sous peine d’amendes record – jusqu’à 49,5 millions de dollars australiens (29,5 millions d’euros).
« Nous avons envoyé un message clair aux géants de la tech : laissez les enfants australiens être des enfants, argumentait la ministre des Communications, Anika Wells, devant le Parlement début février. Nous ne les avons pas tous attrapés, mais nous faisons tout pour y arriver. » En deux semaines, 4,7 millions de comptes ont été supprimés sur le territoire, confirme l’eSafety, l’organisme public indépendant chargé de la sécurité en ligne. Les plateformes exigent désormais une copie de pièce d’identité et un selfie pour toute nouvelle inscription.