LA TRIBUNE DIMANCHE – Où en est Eurostar, trente-deux ans après sa création ?
GWENDOLINE CAZENAVE – Cette entreprise n’a pas d’équivalent. Eurostar est un objet unique, au service de la mobilité durable en Europe. Au sens d’espace de vie européen, géographique et culturel, bien au-delà des frontières strictement institutionnelles. Il est un véritable lien entre tous les Européens, qui voyagent de plus en plus sur nos lignes. Notre croissance a atteint 3 % entre 2024 et 2025, avec 2 milliards de chiffres d’affaires. Notre dette a considérablement diminué, de 1 milliard d’euros en 2022 à 650 millions l’an dernier. On a fêté notre quatre cent millionième passager en janvier. Sur la ligne Paris-Londres, Eurostar détient 85 % de part de marché. Un chiffre que personne n’aurait imaginé lors de son lancement en 1994. Quelles que soient nos destinations, le trafic croît. Fortement.
À quel point ?
Le cap des 20 millions de passagers annuel a été atteint l’an dernier, avec un trafic en augmentation partout. Notre objectif consiste à atteindre le seuil des 30 millions aux alentours de 2030. Au départ de Paris, la destination Londres a enregistré une croissance de 5 %. Vers Amsterdam, c’est plus 6,7 %, Bruxelles, plus 3,7 %, Cologne, plus 5 %. Sur la ligne Londres-Amsterdam, c’est une hausse de 18 % en 2025 !
Quels sont les facteurs-clés qui expliquent ces hausses
de trafic ?
Dans le cas de Londres-Amsterdam, l’une des premières décisions que j’ai prises à mon arrivée à la tête de l’entreprise, en 2022, a été de négocier avec les autorités néerlandaises la création d’un nouveau terminal, pour multiplier par trois la capacité. Ce qui nous a permis d’augmenter la fréquence quotidienne de nos trains, en proposant cinq allers-retours par jour. Nous sommes le premier opérateur sur cette ligne.